Albanie


Déclaration au sujet de l'Albanie.

(Paris, 9 novembre 1921)

    L'indépendance de l'Albanie fut proclamée par Ismaël Qemal, à Vlora, le 28 novembre 1912, à l'occasion des guerres balkaniques, qui mirent pratiquement fin à la présence ottomane en Europe. A l'issue de la conférence de Londres, 29 juillet 1913, les puissances décident de reconnaître un État albanais, dont les frontières ne sont pas complètement fixées. C'est ainsi le traité de Florence du 17 décembre 1913 qui enlève l'Épire du Nord à la Grèce pour la céder à l'Albanie, provoquant la création d'une éphémère république d'Épire du Nord, qui disparaîtra durant la Grande Guerre, puis d'une république de Koritsa sous protection militaire française (1916-1918), dont les militaires français remettent le territoire à l'Albanie.
    A la fin de la Grande Guerre, en dépit des revendications italiennes, l'Albanie est admise à la Société des Nations, le 17 décembre 1920, bien que la commission ad hoc n'ait pas recommandé cette admission et son
indépendance est à nouveau reconnue par les grandes puissances. La conférence des ambassadeurs détermine le 9 novembre 1921 les frontières du pays et les puissances confient à l'Italie le soin d'en défendre l'intégrité territoriale. Le 7 avril 1939, l'Italie envahit et occupe l'Albanie.
    En même temps, le gouvernement albanais prend l'engagement de respecter les droits des minorités.

Sources : Société des Nations, traités, vol 12.



L'Empire Britannique, la France, l'Italie et le Japon, reconnaissant que l'indépendance de l'Albanie, ainsi que l'intégrité et l'inaliénabilité de ses frontières, telles qu'elles ont été fixées par leur décision en date du 9 novembre 1921, est une question d'importance internationale ;

Reconnaissant que la violation des dites frontières, ou de l'indépendance de l'Albanie, pourrait constituer une menace pour la sécurité stratégique de l'Italie,

Sont convenus de ce qui suit :

1. Au cas où l'Albanie se trouverait dans l'impossibilité de maintenir son intégrité territoriale, elle aura la liberté d'adresser au Conseil de la Société des Nations une demande d'assistance étrangère.
2. Les Gouvernements de l'Empire britannique, de la France, de l'Italie et du Japon, décident, dans le cas susdit, de donner pour instruction à leurs représentants dans le Conseil de la Société des Nations de recommander que la restauration des frontières territoriales de l'Albanie soit confiée à l'Italie.
3. En cas de menace contre l'intégrité ou l'indépendance aussi bien territoriale qu'économique de l'Albanie, du fait d'une agression étrangère ou de tout autre événement, et au cas où l'Albanie n'aurait pas recours dans un délai raisonnable à la faculté prévue à l'article 1, les Gouvernements susdits feront connaître la situation qui en résultera au Conseil de la Société des Nations.
Au cas où une intervention serait jugée nécessaire par le Conseil, les Gouvernements susdits donneront à leurs représentants les instructions prévues à l'article 2.
4. Au cas où le Conseil de la Société des Nations déciderait, à la majorité, qu'une intervention de sa part n'est pas utile, les Gouvernements susdits examineront la question à nouveau, s'inspirant du principe contenu dans le préambule de cette Déclaration, à savoir que toutes modifications des frontières de l'Albanie constituent un danger pour la sécurité stratégique de l'Italie.

Fait Paris, le neuf novembre mil neuf cent vingt et un.

HARDINGE OF PENSHURST. BONIN. Jules CAMBON. K. ISHII.

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