Digithéque, Jean-Pierre Maury

Nouvelle-Zélande


Traité de Waitangi du 6 février 1840.

    La Nouvelle-Zélande, peuplée par les Maoris, est explorée par Cook ; par la suite, des colons britanniques s'y installent à la suite de la colonisation de l'Australie.
    En 1839, la France envisage de coloniser les îles et le gouvernement britannique envoie aussitôt en mission William Hobson, qui parvient rapidement à conclure un traité avec les chefs maoris. Ceux-ci reconnaissent la souveraineté britannique. C'est l'acte fondateur de la colonie de Nouvelle-Zélande.

Sources : Le texte anglais et le texte maori sont assez différents. Le gouvernement néo-zélandais communique la version anglaise, ainsi que le texte maori et la traduction en anglais de celui-ci (Kawharu Translation, du nom de l'ancien membre du tribunal de Waitangi qui en est l'auteur). Nous avons traduit les deux versions. Signalons cependant qu'il y a une querelle sur l'authenticité du texte signé par les chefs maoris, qui auraient été grugés. Voir sur ce point le site http://www.treatyofwaitangi.net.nz.


Sa Majesté Victoria reine du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande, accordant Sa faveur royale aux chefs et aux tribus autochtones de Nouvelle-Zélande et tenant beaucoup à protéger justement leurs droits et leurs biens et à assurer qu'ils jouissent de la paix et de l'ordre, a jugé nécessaire, en conséquence du grand nombre de sujets de Sa Majesté qui se sont déjà établis en Nouvelle-Zélande et de la rapide extension de l'émigration de l'Europe et de l'Australie qui est encore en progrès, d'instituer et nommer un fonctionnaire convenablement autorisé à traiter avec les aborigènes de Nouvelle-Zélande pour la reconnaissance de l'autorité souveraine de Sa Majesté sur tout ou partie de ces îles.

Donc, Sa Majesté désirant établir une forme stable de gouvernement civil afin de prévenir les conséquences néfastes qui pourraient résulter de l'absence des institutions et des lois nécessaires, tant pour les autochtones que pour ses sujets, a accepté de bonne grâce d'habiliter et d'autoriser William Hobson, capitaine de la Marine royale de Sa Majesté, comme consul et lieutenant gouverneur de telles parties de la Nouvelle-Zélande qui peuvent être ou plus tard doivent être cédées à Sa Majesté pour inviter les chefs confédérés ou indépendants de Nouvelle-Zélande à s'entendre sur les conditions et les articles suivants :

Article premier.

Les chefs de la Confédération des tribus unies de Nouvelle-Zélande et les chefs particuliers et indépendants qui ne sont pas membres de la Confédération cèdent à Sa Majesté la reine d'Angleterre complètement et sans réserve tous les droits et pouvoirs de souveraineté que la dite Confédération ou les chefs particuliers possèdent ou exercent respectivement, ou peuvent être supposés posséder ou exercer, sur leurs territoires respectifs, en tant que souverains uniques.

Article 2.

Sa Majesté la reine d'Angleterre confirme et garantit aux chefs et tribus de Nouvelle-Zélande et à leurs respectives familles et individus la pleine possession exclusive et paisible de leurs terres, biens, forêts, pêcheries et autres propriétés qu'ils possèdent individuellement ou collectivement, aussi longtemps qu'ils souhaiteront et désireront les posséder. Mais les chefs des tribus unies et les chefs particuliers céderont à Sa Majesté le droit exclusif de préemption sur les terres que leurs propriétaires sont disposés à aliéner aux prix qui seront convenus entre les propriétaires respectifs et les personnes nommées par Sa Majesté pour traiter en son nom.

Article 3.

En considération de ceci, Sa Majesté la reine d'Angleterre étend à la Nouvelle-Zélande sa royale protection et lui accorde tous les droits et privilèges des sujets britanniques.

Signé W Hobson, lieutenant gouverneur.
 

Nous les chefs de la Confédération des Tribus unies de Nouvelle-Zélande réunis en congrès à Victoria à Waitangi et les chefs particuliers et indépendants de Nouvelle-Zélande invoquant l'autorité sur les tribus et territoires qui sont précisés après leurs noms respectifs, avons bien compris les dispositions du traité ci-dessus, l'acceptons et le concluons, dans l'esprit et le sens en témoignage duquel nous avons donné nos signatures ou nos marques aux places et dates respectivement indiquées.

Fait à Waitangi, le 6 février de l'an 1840 de Notre Seigneur.

[52 signatures donées à Waitangi le 6 février et 78 signatures données à Hokianga le 12 suivant.]


Traduction de la version en langue maorie.

Victoria, reine d'Angleterre, en ce qui concerne la protection des chefs et des tribus de Nouvelle-Zélande et désirant préserver leur autorité sur leurs terres et maintenir la paix et l'ordre, considère qu'il est juste de nommer un administrateur pour négocier avec le peuple de Nouvelle-Zélande afin que leurs chefs acceptent le gouvernement de Sa Majesté établi sur toutes les parties de ce pays et des îles voisines et aussi parce qu'un grand nombre de ses sujets vivent déjà dans ce pays et d'autres doivent encore arriver. Aussi la reine désire établir un gouvernement pour que rien de mauvais n'arrive aux Maoris et aux Européens vivant  dans un État privé de lois. Ainsi, la reine m'a nommé, moi, William Hobson, capitaine de la Marine royale, en tant que gouverneur de toutes les parties de la Nouvelle-Zélande prochainement reçues par la reine et de celles reçues plus tard, pour présenter aux chefs de la Confédération des tribus de Nouvelle-Zélande et aux autres chefs les règles énoncées ici.

Article premier.

Les chefs de la Confédération et les chefs qui n'ont pas rejoint la Confédération donnent absolument à la reine d'Angleterre pour toujours le complet gouvernement de leur pays.

Article 2.

La reine d'Angleterre convient de protéger les chefs, les clans et le peuple de Nouvelle-Zélande dans l'exercice sans réserve de leur autorité sur leurs terres, villages et tous leurs trésors. Mais, de leur côté, les chefs de la Confédération et les autres chefs doivent vendre les terres à la reine à un prix convenu entre le propriétaires et l'acquéreur (ce dernier étant) nommé par la reine en tant que son agent pour ces achats.

Article 3.

Pour cet arrangement convenu ci-dessus concernant la gouvernement de la reine, la reine d'Angleterre veut protéger les gens de Nouvelle Zélande et leur donner les mêmes droits et devoirs de citoyen qu'aux gens d'Angleterre.

(signé) William Hobson, consul et lieutenant gouverneur.

Nous, les chefs de la Confédération des tribus de Nouvelle-Zélande, réunis ici à Waitangi, avons vu la forme de ces mots que nous acceptons et agréons en enregistrant nos noms et nos marques.


Pour obtenir davantage d'informations sur le pays et sur le texte ci-dessus,
voir la fiche Nouvelle-Zélande.