Angleterre

Acte de soumission de Jean sans Terre

(16 mai 1213)
    La longue crise du règne de Jean-sans-Terre, qui se termine par la guerre des barons, et qui est marquée par l'édiction de la Magna Carta, commence avec la vacance du siège de Cantorbéry, au décès d'Hubert Gautier (13 juillet 1205). Le pape Innocent III impose la désignation d'Étienne Langton, que Jean sans Terre refuse de ratifier. L'Angleterre est alors mise en interdit (24 mars 1208), puis le roi est excommunié. Toutes les propriétés de l'Église sont alors confisquées et les prélats quittent le royaume. En 1213, le pape décide de déposer le roi d'Angleterre et charge Philippe-Auguste d'exécuter la sentence. C'est alors que Jean décide d'implorer le pardon du pape - comme son père l'avait fait après le conflit avec Thomas Becket, cinquante ans plus tôt - pour recouvrer sa couronne. Il devient aussi le vassal du Saint-Siège, comme avant lui Pierre II d'Aragon, acceptant de payer un tribut annuel de 1000 marcs.
    Le rôle d'Étienne Langton, qui peut enfin s'installer à Cantorbéry, est alors décisif. Il réunit barons et prélats pour leur rappeler le contenu de la charte des libertés proclamée lors du couronnement de Henry Ier, et les engager à combattre pour obtenir une nouvelle charte dont il présente le projet, peut-être la « charte inconnue » rédigée préalablement en France.
    Les défaites de Jean à la Roche-aux-Moines, le 2 juillet, et de l'empereur Otton, son allié, à Bouvines, le 27 juillet 1214, incitent le roi à négocier. Le 21 novembre 1214, il accorde la liberté des élections canoniques (voir l'article premier de la Magna), puis forme le projet de partir en croisade, avant de céder et d'accepter la Magna Carta.

La charte des libertés d'Henry Beauclerc.
La Magna Carta de 1215.


Nous voulons qu'il soit connu de vous tous, par cette charte munie de notre sceau, que comme nous avions commis beaucoup d'offenses contre Dieu et notre mère la Sainte Église, que par suite la miséricorde divine nous fait défaut, et que nous ne pouvons offrir à Dieu et à l'Église la satisfaction qui leur est due qu'en nous humiliant nous et nos royaumes, de notre bonne et spontanée volonté et du commun conseil de nos barons, nous conférons et concédons librement à Dieu et à ses Saints Apôtres Pierre et Paul et à la Sainte Église romaine notre mère, et au seigneur pape Innocent et à ses successeurs catholiques, tout le royaume d'Angleterre et le royaume d'Irlande, avec tous leurs droits et appartenances, pour la rémission de tous nos péchés et de ceux de notre race, tant pour les vivants que pour les défunts ; et désormais, recevant et tenant ces royaumes de Dieu et de l'Église romaine comme vassal, en présence du prud'homme Pandolphe, sous-diacre et familier du seigneur pape, nous en avons fait et juré fidélité au seigneur pape Innocent et à ses successeurs catholiques et à l'Église romaine et nous ferons hommage lige au seigneur pape en sa présence, si nous pouvons nous trouver devant lui ; et nous obligeons nos successeurs et héritiers légitimes à perpétuité, de façon que semblablement ils devront sans contradiction prêter serment de fidélité et reconnaître hommage au souverain pontife d'alors et à l'Église romaine.

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voyez la fiche Royaume-Uni.
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Jean-Pierre Maury