Union de l'Europe occidentale


Réunion du Conseil des Ministres de l'UEO

Communiqué de Venise

Venise, 30 avril 1986

     
    1. Les Ministres des Affaires étrangères et de la Défense de l'Union de l'Europe occidentale se sont réunis à Venise les 29 et 30 avril 1986. Ils ont rappelé l'importance de l'U.E.O. dans la construction européenne. Ils ont réaffirmé leur attachement à l'U.E.O. en tant qu'instance où les gouvernements concernés peuvent traiter de leurs préoccupations spécifiquement européennes en matière de sécurité, dans le cadre de leur appartenance à l'Alliance atlantique. Ces préoccupations sont à la fois liées à la nécessité de disposer de moyens de défense efficaces et adaptés et aux implications spécifiques pour la sécurité et la stabilité en Europe de l'évolution des différentes négociations sur la maîtrise des armements.
    2. Les Ministres ont marqué l'importance de la contribution des Etats membres à la sécurité commune et leur appréciation de la contribution des forces nucléaires indépendantes de la France et du Royaume-Uni à la dissuasion. Ils ont rappelé le caractère indivisible de la sécurité occidentale et leur ferme volonté de donner plus de force aux liens et à la solidarité qui les unissent entre eux ainsi qu'aux autres membres de l'Alliance.
    3. Les Ministres ont réaffirmé leur attachement à l'amélioration des relations Est-Ouest par le développement des contacts et du dialogue. A cet égard, ils ont rappelé l'importance du processus de la C.S.C.E.

    4.  

       
       
       

      Ils ont souligné l'importance d'un climat de confiance pour progresser dans le domaine de la maîtrise des armements et du désarmement, et ont noté la nécessité, dans toutes les instances de négociations, de dégager des solutions qui tiennent pleinement compte des intérêts de sécurité de leurs pays.

      Les Ministres ont rappelé que l'objectif fondamental de la maîtrise des armements, à la fois conventionnels et nucléaires, devait être le renforcement de la sécurité et de la stabilité au niveau de forces le plus bas possible.

    5. Les Ministres ont manifesté leur soutien aux efforts poursuivis par les Etats-Unis dans les négociations avec l'Union soviétique sur leurs armes nucléaires et l'espace. Ils se sont félicités des diverses consultations régulières et étroites entre les alliés et de la détermination américaine de prendre pleinement en considération les préoccupations européennes.

    6.  

       
       
       

      Ils ont exprimé l'espoir que l'Union soviétique traduise concrètement à la table des négociations les dispositions qu'elle a manifestées de parvenir à des accords équitables et vérifiables sur la maîtrise des armements.

    7. Les Ministres ont souligné que les négociations en cours sur les forces nucléaires intermédiaires à longue portée, américaines et soviétiques, sont d'un intérêt particulier pour l'Europe. Ils ont rappelé l'importance qu'ils attachent à l'objectif de réductions progressives conduisant à l'élimination globale de cette catégorie d'armes dans le cadre d'accords effectivement vérifiables. Dans ce contexte, des mesures appropriées devraient prévenir l'émergence de nouvelles zones d'instabilité.
    8. Les Ministres ont souligné que des déséquilibres dans le domaine des forces conventionnelles sur l'ensemble de l'Europe constituaient également un facteur d'instabilité. Un progrès vers des réductions équilibrées et vérifiables de ces forces représenterait donc une contribution très significative au renforcement de la sécurité et de la paix en Europe. Les Ministres espèrent que l'Union soviétique saura, dans ce domaine, traduire en actes, à la table des négociations, les déclarations qu'elle a faites récemment. Ils ont souligné les efforts continus de leur pays dans le cadre des négociations au sein des instances multilatérales, telles que les négociations de Genève sur une interdiction globale des armes chimiques (C.D.) ou celles de Vienne sur les réductions mutuelles et équilibrées de forces (M.B.F.R.). Les Ministres ont estimé qu'une intensification des négociations à la Conférence sur les mesures de confiance et de sécurité et sur le désarmement en Europe (C.D.E.) de Stockholm était nécessaire, afin que des résultats substantiels puissent être atteints avant la troisième conférence sur les suites de la C.S.C.E. qui aura lieu en automne prochain.
    9. Les Ministres ont évoqué les problèmes toujours plus complexes soulevés par les coûts de recherche, de mise au point et de production de systèmes d'armées, en particulier ceux faisant appel à des techniques émergentes. Ils ont souligné l'importance des efforts de coopération susceptibles de favoriser le renforcement de leurs dispositifs de défense.

    10.  

       
       
       

      Les Ministres ont salué les progrès effectués au sein du G.E.I.P. quant à l'harmonisation des besoins militaires et la mise en oeuvre de projets de recherche en coopération. Ils se sont félicités en particulier de la décision prise le 28 avril à Madrid concernant la coopération dans le secteur aéronautique militaire.

      Les Ministres ont demandé à ce que soient entreprises des études sur la gestion des ressources et sur les conséquences de l'évolution des coûts de défense.

    11. Les Ministres ont également examiné un rapport qui fait le point des questions liées au programme de recherche sur l'I.D.S., présenté par un groupe de travail du Conseil permanent. Ils ont décidé que les travaux de l'U.E.O. devraient continuer à porter sur les questions liées au programme de recherche sur l'I.D.S. et sur les implications politico-stratégiques pour l'Europe de l'évolution possible dans le domaine de la défense contre les missiles balistiques.
    12. Les Ministres ont échangé leurs vues sur la sécurité en Méditerranée et les risques de déstabilisation dans cette région. Ils ont souligné le rôle que les pays d'Europe occidentale peuvent continuer à jouer pour y réduire les tensions. Ils sont convenus d'approfondir leurs réflexions sur ce point.
    13. Ils ont accordé une attention particulière à la menace qu'entraîne le terrorisme international pour la sécurité et ont souligné l'importance d'actions rapides et efficaces en vue de mettre en oeuvre les mesures convenues entre les pays de l'Europe occidentale pour combattre ce fléau.
    14. Les Ministres ont également procédé à un examen des progrès réalisés depuis la session d'octobre 1984 à Rome dans la relance de l'Organisation et ont échangé des vues sur ses perspectives. Dans cet esprit, ils ont reconnu l'intérêt d'une bonne coordination entre les diverses institutions susceptibles de contribuer à une dimension de sécurité commune pour l'Europe occidentale.

    15. Les Ministres ont chargé le Conseil permanent de leur présenter, à leur prochaine réunion, des propositions sur les moyens de renforcer la coopération entre les instituts européens d'études et de recherche existants en matière de sécurité et de défense, améliorant ainsi la quantité et la qualité de leurs recherches intéressant l'U.E.O.

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Jean-Pierre Maury