Union de l'Europe occidentale


Réunion du Conseil des Ministres de l'UEO

 

Communiqué

Bruxelles, le 23 avril 1990


  1. Réunis à Bruxelles le 23 avril 1990, les Ministres des Affaires étrangères et de la Défense de l'Union de l'Europe occidentale ont noté avec une particulière satisfaction la ratification du Protocole d'adhésion de l'Espagne et du Portugal au Traité de Bruxelles modifié.
  2. Les Ministres se sont félicités des profondes transformations intervenues en Europe depuis leur réunion de novembre 1989. La division de l'Europe est en voie d'être surmontée. L'émergence de nouvelles démocraties issues d'élections libres ouvre des perspectives nouvelles à une coopération plus ample entre Européens.

  3.  

     

    Ils ont salué le retour aux normes démocratiques que constituent les élections qui se sont tenues en RDA et en Hongrie, en attendant celles qui auront lieu incessamment dans d'autres pays d'Europe centrale et de l'Est.

    La perspective de la réalisation prochaine de l'unité allemande conformément à l'expression sans équivoque de la volonté de la population concernée est une chance pour l'Europe entière et un pas important en avant vers l'édification d'un ordre de paix juste et durable.

    L'Allemagne unie sera ainsi aux côtés des autres membres de l'Alliance de l'Atlantique Nord et aux côtés de ses partenaires qui ont choisi de construire une union européenne.

  4. Les Ministres se sont réjouis de l'impulsion nouvelle donnée au processus de la CSCE et de la perspective d'une conférence au niveau des chefs d'Etat et de gouvernement fin 1990.

  5.  

     

    La CSCE est le cadre au sein duquel tous les Européens, ainsi que les Etats-Unis et le Canada, peuvent établir de nouvelles relations et instaurer des structures de coopération susceptibles de donner à chacun l'assurance que la paix et la stabilité seront maintenues et que les intérêts légitimes de tous seront sauvegardés.

  6. C'est dans cette nouvelle perspective que les Ministres ont rappelé l'importance qu'ils attachent à la construction d'une union européenne conforme à l'Acte unique européen qu'ils ont signé en tant que membres de la Communauté européenne. Ils ont en outre réaffirmé l'importance de l'Alliance atlantique et de l'Union de l'Europe occidentale en tant qu'instruments essentiels de la sécurité des pays membres et en tant que facteurs de stabilité dans l'ensemble de l'Europe.

  7.  

     

    La présence continue des forces américaines et des forces du Canada stationnées en Europe constitue une contribution nécessaire à notre sécurité commune et à la stabilité générale, parallèlement à la contribution des pays de l'UEO et de leurs autres partenaires européens. Les Ministres réaffirment l'importance de la Plate-forme de La Haye et du Concept global de maître des armements et de désarmement de l'Alliance atlantique.

  8. Les Ministres ont rappelé toute l'importance qu'ils attachent à la conclusion d'un accord FCE et à la convocation d'un sommet de la CSCE d'ici la fin de l'année. Ils voient dans un tel accord un accomplissement important pour l'amélioration de la sécurité et pour l'adaptation des dispositifs militaires aux évolutions profondes dont l'Europe est témoin, tant sous l'angle militaire que politique. Ils considèrent que la dynamique du processus de négociation devra être maintenue de façon à renforcer la stabilité, à promouvoir des structures de coopération et à faire avancer la réalisation d'un nouvel ordre de paix en Europe. Un accord sur de nouvelles mesures de confiance et de sécurité, parallèlement à un accord FCE, contribuerait puissamment à cet objectif.
  9. La stabilité de l'Europe continue d'être fondée sur l'engagement solidaire et individuel de tous les partenaires de l'Alliance. C'est aussi et essentiellement l'affaire des Européens eux-même. Pour que ceux-ci puissent renforcer leur contribution à la stabilité sur le continent européen et à la protection de leurs intérêts de sécurité légitime, il sera fondamental d'accroître la coopération.

  10.  

     

    D'où la nécessité reconnue par les Ministres de poursuivre dans la voie du renforcement de l'identité européenne et de promouvoir le processus d'une intégration européenne dotée d'une dimension de sécurité. Cette identité croissante est appelée à se concrétiser dans une coopération étroite, voire nouvelle, entre les pays membres.

    En ce qui concerne la vérification du traité FCE et le régime "Ciel ouvert", les Ministres se réjouissent des dispositions concrètes qui ont pu être adoptées par les pays membres de l'UEO, notamment de l'ouverture des équipes d'inspection nationales aux inspecteurs d'autres pays membres de l'UEO.

    Au sujet du traitement automatisé des données issues de la vérification, les Ministres se félicitent du fait qu'un groupe d'experts UEO a pu définir en commun les caractéristiques réalistes d'un système de bases de données interconnectées et que ce point de vue commun UEO a été pris en compte par l'Alliance atlantique.

    Les Ministres ont également noté les progrès accomplis dans l'examen des possibilités de coopération européenne en ce qui concerne les systèmes satellitaires d'observation devant servir à la vérification du désarmement, et également à la surveillance des crises et à la surveillance de l'environnement. Ils ont demandé que des propositions concrètes leur soient fournies lors de leur prochaine réunion entre autres en vue d'examiner la possibilité de mettre en place une agence de vérification satellitaire.

  11. Les Ministres ont constaté que la sécurité de l'Europe présente une dimension extra-européenne, ce qui amène les pays européens à suivre de près l'évolution dans d'autres régions du monde, notamment la Méditerranée et le Moyen-Orient.
  12. La paix, la sécurité et la coopération en Europe passent par le renforcement du dialogue à tous les niveaux. Au regard des nouvelles missions proposées aux instances de l'Organisation par la prochaine Présidence, les Ministres sont convenus de l'opportunité d'établir des contacts à des fins d'information mutuelle avec les nouveaux gouvernements démocratiquement élus en Europe centrale et de l'Est. Ils ont chargé la Présidence et le Secrétaire général de ces contacts. Les Ministres ont reconnu que l'Assemblée parlementaire de l'UEO constitue, par ses activités, un instrument important d'ouverture vers les pays de l'Europe du centre et de l'Est. La session extraordinaire de Luxembourg des 22 et 23 mars derniers en a été l'illustration. Dans le même ordre d'idées, l'Institut d'études de sécurité de l'UEO, dont la création a été décidée lors du dernier Conseil et qui entrera en fonction dès le mois de juillet, est appelé, lui aussi, à jouer un rôle actif dans le rapprochement des idées et à opérer les synthèses nécessaires entre tous les courants de pensée qui se développent tant à l'Est qu'à l'Ouest.
  13. Les Ministres ont félicité la Présidence belge pour la manière particulièrement active dont elle conduit les travaux de l'UEO. Ils ont souhaité que, sous son impulsion et sous celle de la prochaine Présidence française, un effort intense de réflexion et de concertation entre les pays membres soit poursuivi, en particulier dans la perspective des deux rencontres importantes normalement prévues d'ici la fin de l'année 1990 : le sommet de la CSCE et un sommet atlantique visant l'un et l'autre à apporter des réponses adéquates aux changements en cours en Europe.

  14.  

     

    L'UEO constitue pour ses membres un forum tout à fait approprié pour l'élaboration d'une approche commune en vue de ces échéances.

     

©-2002 - Pour toute information complémentaire, pour signaler une erreur, pour correspondre avec nous,
adressez-nous un message électronique.

[ Haut de la page ]
Jean-Pierre Maury