Union de l'Europe occidentale


Réunion du Conseil des Ministres de l'UEO

Annexe de la Déclaration de Lisbonne

Déclaration sur l'ex-Yougoslavie

Lisbonne, 15 mai 1995


  • Les Ministres ont exprimé leur vive préoccupation quant aux récents développements concernant l'ex-Yougoslavie, qui présentent des risques croissants pour la région.
  • Les Ministres ont exprimé leur profonde inquiétude devant l'escalade des hostilités en Bosnie-Herzégovine. Ils ont en outre condamné les attaques perpétrées contre des zones de sécurité des Nations Unies et contre le personnel de cette Organisation, qui sont intolérables. Ils ont exprimé leur plein soutien aux efforts menés par les Nations Unies en vue de proroger l'accord de cessez-le-feu en Bosnie-Herzégovine conclu le 1er janvier 1995 et ont appelé les belligérants à accepter une telle prorogation sans plus tarder.
  • Les Ministres ont exprimé un soutien sans réserve à la poursuite des efforts internationaux menés par l'Union européenne, les Stats-Unis et la Fédération de Russie, notamment à ceux déployés par le Groupe de contact, y compris par son plan de paix, en faveur d'un règlement politique du conflit. Ils réaffirment leur vive préoccupation devant le refus persistant des Serbes de Bosnie d'accepter cette initiative. Les Ministres déplorent la poursuite des hostilités qui résultent de cette situation. Ils ont souligné qu'il convient d'intensifier d'urgence les efforts en faveur d'un règlement pacifique durable.
  • Les Ministres ont abordé la question de la reconnaissance mutuelle entre tous les Stats de l'ex-Yougoslavie à l'intérieur de leurs frontières internationalement reconnues, et estiment qu'une telle mesure constituerait un progrès très important vers un règlement politique général. Ils ont rappelé l'importante décision prise par Belgrade de soutenir le plan de paix et de fermer la frontière avec la Bosnie, et ont réaffirmé la nécessité de maintenir des pressions efficaces à l'égard des Serbes de Bosnie.
  • Les Ministres ont rappelé que la levée de l'embargo sur les armes aurait pour effets d'intensifier à nouveau le conflit, d'aggraver les souffrances de la population civile, d'entraîner de graves risques pour les organisations internationales présentes sur le terrain et pourrait aboutir au retrait des forces des Nations-Unies.
  • Les Ministres estiment que l'application intégrale des accords de Washington, portant création de la Fédération de Bosnie-Herzégovine, et des autres engagements pris par les parties au conflit est un élément essentiel d'un règlement politique d'ensemble fondé sur le principe d'un traitement équilibré pour tous les peuples de Bosnie-Herzégovine. Dans ce contexte, les Ministres ont réaffirmé l'importance capitale des efforts déployés pour parvenir à une administration unique de Mostar comprenant une force de police unifiée et demandent instamment aux parties de coopérer activement en vue d'atteindre les objectifs prévus dans le Mémorandum d'entente relatif à l'administration de la ville par l'UE.
  • Les Ministres ont examiné la situation en Croatie et exprimé leur profonde préoccupation devant la reprise des hostilités, en particulier celles qui touchent les populations civiles. Ils condamnent l'action déclenchée par la Croatie en infraction au cessez-le-feu conclu le 29-mars 1994, qui compromet les efforts déployés sous l'égide de la communauté internationale pour promouvoir un règlement pacifique en Krajina et est intervenue au moment même où est déployée la nouvelle opération des Nations Unies de rétablissement de la confiance. Les Ministres appuient pleinement la déclaration présidentielle du Conseil de sécurité des Nations-Unies exigeant le retrait immédiat des forces croates de la zone de séparation des secteurs nord et sud ainsi que le retrait des Serbes et des Croates du secteur est, et ils ont demandé le rétablissement immédiat de l'autorité des Nations Unies dans les zones en question. Les Ministres ont condamné les représailles serbes contre les centres urbains de Croatie, en particulier Zagreb, et la prise en otage du personnel des Nations Unies. Ils ont réaffirmé leur volonté de promouvoir une solution politique qui préserve la souveraineté de la Croatie sur l'ensemble de son territoire, délimité par les frontières internationalement reconnues, et qui respecte pleinement les droits de la communauté serbe,-conformément aux normes internationalement reconnues.
  • Les Ministres ont invité les parties à faire preuve de la plus grande modération et à éviter toute initiative qui entraînerait une nouvelle intensification du conflit. Ils expriment leur soutien aux efforts menés par la mission de rétablissement de la confiance de l'ONU et les missions de surveillance de la CE pour faciliter la mise en oeuvre de l'accord de cessez-le-feu et aider au rétablissement de conditions de vie normales dans le secteur ouest et invitent les parties à laisser aux forces des Nations Unies la liberté de circulation nécessaire à l'accomplissement de leur mission. Les Ministres invitent les parties à engager sans plus tarder des négociations politiques sous l'égide de la Conférence internationale sur l'ex-Yougoslavie.

  • Les Ministres se sont félicités des activités menées par l'OTAN en ex-Yougoslavie en application des résolutions du Conseil de sécurité des Nations Unies, notamment à l'appui des forces de cette organisation.



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    Jean-Pierre Maury