Union de l'Europe occidentale


Réunion du Conseil des Ministres de l'UEO

Déclaration ministérielle sur la situation dans la région des Grands Lacs

Bruxelles, le 19 novembre 1996


  • Les Ministres ont exprimé leur profonde préoccupation devant la crise humanitaire qui continue de sévir dans la région des Grands Lacs. Ils ont réaffirmé leur détermination à contribuer pleinement aux efforts menés sur le plan international pour soulager dans l'immédiat les souffrances des personnes déplacées, des réfugiés et des civils du Zaïre et du Rwanda et pour faciliter leur rapatriement librement consenti, dans la sécurité et dans l'ordre. Ils ont estimé que le retour massif, ces derniers jours, de centaines de milliers de réfugiés pourra ouvrir la voie à la nécessaire solution à long terme des causes profondes de la crise actuelle. Dans ce contexte, les Ministres ont souligné la nécessité que soit organisée d'urgence une Conférence internationale sur la paix, la sécurité et la stabilité dans la région des Grands Lacs sous les auspices des Nations Unies et que l'OUA aborde les problèmes de la région dans leur ensemble. Les Ministres ont instamment prié le gouvernement du Rwanda de saisir pleinement l'occasion de rétablir la confiance et de contribuer à une solution politique en facilitant le retour des réfugiés et en assurant leur réinstallation au Rwanda. Ils souhaitent que la réinstallation des réfugiés se fasse dans un contexte harmonieux de réconciliation nationale. Les Ministres ont souligné que les pays de l'UEO étaient prêts à intensifier leur aide alimentaire afin de faire face dans l'immédiat aux besoins des réfugiés qui rentrent chez eux.
  • Les Ministres se félicitent de l'adoption des résolutions 1078 et 1080 du Conseil de Sécurité des Nations Unies qui visent à constituer, à des fins humanitaires, une force multinationale temporaire afin de faciliter le retour immédiat des organisations à vocation humanitaire et la fourniture effective, par des organisations de secours civiles, d'une assistance humanitaire visant à soulager dans l'immédiat les souffrances des personnes déplacées, des réfugiés et des civils en danger dans l'est du Zaïre, et de faciliter le rapatriement librement consenti et dans l'ordre des réfugiés, ainsi que le retour librement consenti des personnes déplacées.
  • Les Ministres ont eu un échange de vues sur l'évolution de la situation dans la région des Grands Lacs et sur les dispositions en cours d'examen concernant les contributions des pays de l'UEO à la mise en oeuvre de la résolution 1080.

  • Soucieux de dégager des éléments et des options possibles permettant à l'UEO d'accroître l'efficacité d'ensemble de l'opération décidée par les Nations Unies et de renforcer ainsi les efforts de la communauté internationale, et convenant que les efforts de l'UEO tiendront pleinement compte des travaux de planification déjà menés pour le lancement de la force multinationale et seront pleinement compatibles avec ces travaux, les Ministres ont demandé au Conseil permanent de charger les organes compétents de l'UEO ã Cellule de planification, Centre de situation, Centre satellitaire, Groupe politico-militaire:

  • de déterminer le concours que l'UEO pourrait apporter pour l'acheminement de l'aide humanitaire de l'Union européenne;
  • d'examiner l'assistance qui pourrait être apportée aux contingents des pays africains susceptibles d'être déployés dans la région le moment venu, en particulier dans le domaine de l'entraînement;
  • de rassembler et diffuser, avec l'aide des pays de l'UEO, les informations sur leurs contributions à l'opération;
  • de tenir informé le Conseil, sur la base, entre autres, de l'information fournie par les pays de l'UEO, de l'état de la situation dans la région des Grands Lacs;
  • de continuer à examiner les moyens selon lesquels l'UEO pourrait apporter son appui logistique pour l'opération multinationale envisagée, incluant le déminage, des équipes de maintenance et des antennes médicales.
  • Enfin, les Ministres ont chargé le Conseil permanent d'étudier, en continuant à suivre la situation de près, les conséquences que l'évolution rapide de la situation sur le terrain pourrait avoir sur les options relatives à une éventuelle participation de l'UEO.



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    Jean-Pierre Maury