Union de l'Europe occidentale


Réunion du Conseil des Ministres de l'UEO

Déclaration de Rhodes

Rhodes, le 12 mai 1998


I. INTRODUCTION


  1. Les ministres des Affaires étrangères et de la Défense des pays de l'UEO se sont réunis à Rhodes les 11 et 12 mai 1998.
  2. Cette réunion ministérielle s'est tenue à un moment important pour l'UEO :
    1. Réunis pour la première fois depuis le cinquantième anniversaire de la signature du traité de Bruxelles, les ministres ont exprimé leur satisfaction quant à la conférence-débat organisée par le Conseil permanent pour commémorer cet anniversaire. Bien que les circonstances aient considérablement évolué depuis la signature du traité, les ministres ont confirmé que celui-ci demeure un élément pertinent de l'architecture de sécurité européenne.

      L'UEO joue un rôle substantiel dans l'élaboration de cette nouvelle architecture. Son rôle charnière entre l'Union européenne et l'OTAN en fait un instrument important qui permet aux Européens d'assumer leurs responsabilités dans les domaines de la sécurité et de la défense en Europe et au-delà, tout en renforçant le lien transatlantique. Grâce à son développement opérationnel, qu'elle ne cesse de poursuivre notamment par le biais d'une coopération institutionnelle et concrète avec l'Union européenne et l'OTAN, l'UEO accroît sa capacité d'agir de façon autonome, de répondre à des demandes de l'UE et d'élaborer et mettre en oeuvre les décisions et les actions de l'Union ayant des implications dans le domaine de la défense, et renforce ses capacités opérationnelles pour faire face aux enjeux liés à la gestion de crise.

      Les ministres ont réaffirmé qu'il importe de continuer à former une véritable identité européenne de sécurité et de défense (IESD) et d'assumer des responsabilités européennes accrues en matière de sécurité et de défense. L'UEO fait partie intégrante du développement de l'Union européenne en donnant à l'Union l'accès à une capacité opérationnelle, notamment dans le contexte des missions de Petersberg, et est un élément essentiel du développement de l'IESD au sein de l'Alliance atlantique conformément à la Déclaration de Paris et aux décisions prises par les ministres de l'OTAN à Berlin.

      Les ministres attendent de nouveaux progrès dans ces domaines, avec la participation de tous les pays de l'UEO, qui ont en commun la vision d'une Europe söre, exempte de toute division, fondée sur les principes de solidarité, de respect du droit international et des droits de l'homme, et de bon voisinage.

  3. L'UEO a confirmé qu'elle était prête à soutenir les Nations Unies et l'OSCE dans leurs activités de gestion de crise.

 

II. RENFORCEMENT DE LA COOPÉRATION AVEC L'UE


  1. L'Union de l'Europe occidentale fait partie intégrante du développement de l'Union européenne en donnant à l'Union l'accès à une capacité opérationnelle, notamment dans le contexte des missions de Petersberg. Elle assiste l'Union dans la définition des aspects de la politique étrangère et de sécurité commune ayant trait à la défense, tels qu'ils sont définis dans l'article J.7(3) du traité sur l'Union européenne. Les ministres ont réaffirmé l'objectif d'"édifier par étapes l'UEO en tant que composante de défense de l'Union européenne", tel que développé par le traité d'Amsterdam. Dans cette perspective, ils ont réaffirmé l'importance de la pleine mise en oeuvre des dispositions des paragraphes 1 à 3 de l'article J.7 du traité sur l'Union européenne et ont rappelé leur Déclaration du 22 juillet 1997. Ils ont chargé le Conseil permanent de continuer à élaborer des arrangements visant à renforcer la coopération entre l'UEO et l'UE, en gardant à l'esprit les tâches prioritaires définies au paragraphe 7 de la Déclaration du 22 juillet.
  2. Les ministres ont salué la poursuite des travaux sur un mode d'emploi pour la mise en oeuvre du paragraphe 2 de l'article J.4 du traité sur l'Union européenne, devenu l'article J.7(3) du traité d'Amsterdam, et sur l'élaboration d'un exemple concret d'articulation entre les processus de décision des deux organisations pour les opérations de gestion de crise pour lesquelles l'Union européenne a recours à l'UEO. Ils ont réaffirmé l'importance qu'ils attachent à ces travaux et ont invité le Conseil permanent à y donner suite en priorité. Dans ce contexte, ils se sont félicités de l'intention des Présidences de l'UEO et de l'UE d'organiser un séminaire en juin afin de mettre à l'épreuve les mécanismes élaborés à ce jour. Ils ont chargé le Conseil permanent de procéder, en étroite coopération avec l'UE, à une évaluation des enseignements tirés de ce séminaire en vue d'améliorer encore, entre autres, la coopération concrète entre les deux organisations.
  3. Les ministres ont pris note avec intérêt de la poursuite de la réflexion concernant l'élaboration d'une politique européenne de défense commune, qui est fondée sur une approche pragmatique d'identification d'éléments constitutifs et de prise en compte de travaux d'inventaire. Ils ont chargé le Conseil permanent de continuer ces travaux. À cet égard, ils considèrent que la réflexion sur l'interface entre les aspects civils et militaires de la gestion de crise, en tant qu'un de ces éléments constitutifs, pourrait conduire à l'adoption de mesures concrètes de coopération entre les deux organisations.
  4. Les ministres ont souligné l'utilité de réunions conjointes de groupes ad hoc UEO-UE, qui offrent un instrument efficace de coopération concrète entre les deux organisations. Ils ont invité le Conseil permanent à développer plus avant des modalités pratiques de coopération dans tous les domaines pertinents avec l'Union européenne, y compris en ce qui concerne la tenue de réunions conjointes des organes des deux organisations.
  5. Les ministres ont salué les progrès enregistrés dans le domaine de la coopération entre le Secrétariat de l'UEO et le Secrétariat du Conseil de l'UE, lesquels ont permis d'améliorer encore les relations de travail entre les deux organisations, et ont pris note du rapport présenté dans ce contexte par le Secrétaire général de l'UEO. Ils ont invité ce dernier à donner suite aux travaux sur les propositions à soumettre au Conseil permanent pour une coordination plus étroite des activités des services du Secrétariat général de l'UEO et du Secrétariat général du Conseil de l'UE, en tenant compte des progrès dans la mise en place de l'unité de planification de la politique et d'alerte rapide de l'Union européenne, notamment par l'échange et le détachement de fonctionnaires. Ils ont exprimé l'espoir qu'une coopération au jour le jour plus étroite entre l'UEO et l'UE conduise à un rapprochement des cultures de travail des deux organisations dans le domaine de la politique de sécurité. Ils ont souhaité qu'il soit fait en sorte que l'UEO coopère effectivement avec la future unité de planification de la politique et d'alerte rapide et lui apporte sa contribution. Ils ont chargé le Conseil permanent de suivre cette question de très près et de leur faire rapport à leur prochaine réunion.
  6. À cet égard, les ministres ont réaffirmé qu'il importe de conclure des arrangements de sécurité améliorés avec l'Union européenne, en vue notamment de faciliter les échanges d'informations classifiées entre les deux organisations et de rendre ainsi leur coopération plus efficace. Ils ont pris note avec satisfaction de la décision du Conseil de l'UE sur l'habilitation de sécurité des fonctionnaires du Secrétariat du Conseil de l'UE qui sont chargés de traiter des informations classifiées. À cette fin, ils ont chargé le Conseil permanent de suivre la question et d'examiner toutes les options envisageables pour la conclusion rapide d'arrangements de sécurité améliorés entre les deux organisations.
  7. Gardant à l'esprit la Déclaration du 22 juillet 1997, les ministres ont chargé le Conseil permanent d'élaborer des modalités pratiques pour la coopération de l'UEO avec la Commission européenne tenant compte de son rôle dans la PESC défini dans le traité sur l'Union européenne révisé. Ils ont invité le Secrétaire général de l'UEO à préparer rapidement, à l'intention du Conseil permanent, un rapport qui servira de point de départ pour ces travaux.
  8. Les ministres se sont vivement félicités de la coopération entre l'UEO et l'UE en Albanie et en particulier, s'agissant du programme PHARE, des lettres qu'ont échangées le Commissaire Van den Broek et le Secrétaire général de l'UEO les 23 décembre 1997 et 16 janvier 1998. Les ministres ont chargé le Conseil permanent de renforcer encore la coopération de l'UEO avec l'UE dans ce domaine.
  9. Les ministres se sont félicités de la décision du Conseil permanent visant à proposer à l'UE des produits d'interprétation d'images du Centre satellitaire de l'UEO, qui représente un pas important vers le renforcement des relations avec l'Union européenne.

 

III. RENFORCEMENT DES RELATIONS AVEC L'OTAN


  1. Les ministres ont rappelé leur conviction que l'Alliance atlantique reste le fondement de la défense collective aux termes du traité de Washington et qu'elle demeure le forum essentiel de consultation entre les Alliés et l'enceinte où ils s'accordent sur des politiques touchant à leurs engagements de sécurité et de défense au titre du traité de Washington. L'Alliance s'est engagée dans un processus d'adaptation et de réforme de façon à pouvoir remplir plus efficacement toute la gamme de ses missions. Ce processus vise à renforcer et à renouveler le partenariat transatlantique, y compris en édifiant une IESD au sein de l'Alliance, qui permettra à tous les Alliés européens d'assumer des responsabilités accrues pour leur sécurité et leur défense.

  2.  

     
     
     

    Les ministres ont réaffirmé leur détermination à continuer de prendre toutes les mesures nécessaires pour que l'IESD au sein de l'Alliance puisse se fonder sur de sains principes militaires et une planification militaire appropriée permettant la création de forces militairement cohérentes et efficaces capables d'opérer sous le contrôle politique et la direction stratégique de l'UEO.

  3. L'UEO est un élément essentiel du développement de l'IESD au sein de l'Alliance. Les ministres ont donc rappelé leur volonté de poursuivre leurs efforts afin de renforcer la coopération institutionnelle et pratique avec l'OTAN. À cet égard, ils ont salué les progrès importants réalisés sous la Présidence grecque, et en particulier :
  4. Ils ont chargé le Conseil permanent de poursuivre ces travaux, entre autres par le biais de réunions conjointes des Conseils et des groupes de travail compétents de l'UEO et de l'OTAN, en vue de parvenir à des résultats satisfaisants dans les domaines prioritaires énoncés ci-avant dans la perspective de la pleine mise en oeuvre des décisions prises à Birmingham, Berlin et Bruxelles d'ici au printemps de l'année prochaine.
  5. Les ministres ont également salué :
  6. Les ministres ont rappelé l'importance que revêt, du point de vue opérationnel, le resserrement des relations avec l'OTAN, permettant une plus grande efficacité lors d'opérations dirigées par l'UEO avec des moyens et capacités de l'Alliance. Dans ce contexte, ils se sont félicités de l'examen par les Chefs d'état-major des armées (CEMA) de la possibilité et des avantages d'une participation du futur Président du Comité des délégués militaires (CDM) de l'UEO aux réunions du Comité militaire de l'OTAN. Ils ont en outre souligné qu'une telle participation renforcerait davantage la coopération concrète et la consultation UEO-OTAN sur des questions opérationnelles et militaires d'intérêt commun.
  7. Les ministres ont salué la décision du Conseil permanent visant à proposer à l'OTAN des produits d'interprétation d'images du Centre satellitaire de l'UEO, qui représente un pas important vers le renforcement des relations avec l'OTAN.
  8. Les ministres se sont vivement félicités de l'importante décision grâce à laquelle la Hongrie, la Pologne et la République tchèque, futurs membres de l'OTAN, pourront assister aux débats sur les questions relatives à la coopération entre l'UEO et l'Alliance, et qui permet à ces pays de se préparer à la perspective du statut de membre associé de l'UEO.

 

IV. CONTRIBUTION DE L'UEO À LA PAIX ET À LA STABILITÉ EN ALBANIE


  1. Les ministres ont eu un échange de vues approfondi sur la situation actuelle en Albanie. Ils ont constaté qu'en dépit des importants progrès de ces derniers mois, il reste beaucoup à faire. Ils reconnaissent que le gouvernement albanais est prêt à promouvoir la réconciliation nationale et à renforcer les institutions démocratiques afin de garantir le plein respect des droits de l'homme et des autres normes internationales.
  2. Les ministres ont souligné que tous les partis politiques en Albanie doivent coopérer en vue de rétablir l'ordre public et une vie politique normale et de promouvoir la réforme politique et économique, avec l'objectif d'améliorer les conditions de vie de la population.
  3. Les ministres ont jugé très opportune l'initiative de la Présidence grecque d'organiser, les 26 et 27 février 1998, une visite de travail des membres du Conseil à l'Élément multinational de conseil en matière de police (EMCP) à Tirana, qui leur a permis d'avoir des réunions de haut niveau avec les autorités albanaises et avec l'opposition parlementaire, et en particulier d'analyser sur place les circonstances et les besoins de la police albanaise, ainsi que les travaux de l'EMCP.
  4. Les ministres ont accueilli avec satisfaction la décision, prise à la suite d'une demande du gouvernement albanais, de proroger le mandat de l'EMCP d'une année à compter du 12 avril 1998, sous réserve d'un réexamen de la situation à mi-parcours, soit en octobre 1998, date à laquelle seront examinés, entre autres, le détail du déploiement de l'EMCP pour la seconde moitié de son mandat ainsi que ses implications en termes d'effectifs et de budget. Ils ont noté avec satisfaction qu'un nombre croissant de pays de l'UEO contribuent à la mission de l'EMCP, témoignant ainsi de la solidarité de l'UEO et de son potentiel lorsqu'elle doit mener à bien une tâche opérationnelle. Ils ont chargé le Conseil permanent de suivre de près les progrès de l'EMCP vers la réalisation des objectifs qui lui ont été assignés, compte tenu des autres activités bilatérales et multilatérales en cours dans le même domaine.
  5. Les ministres ont exprimé leur satisfaction quant aux travaux accomplis, dans des conditions difficiles, par l'EMCP et témoigné leur soutien et leur reconnaissance pour la détermination avec laquelle il s'acquitte de son mandat.
  6. Les ministres soutiennent vigoureusement les efforts que déploie la communauté internationale afin de venir en aide à l'Albanie dans le cadre d'initiatives complémentaires, à la fois bilatérales et multilatérales; ils se sont félicités en particulier de la contribution substantielle de l'UE à la reconstruction de l'Albanie, du rôle de l'OSCE et des efforts accomplis par certains pays de l'UEO sur une base bilatérale.

  7.  

     
     
     

    Ils ont par ailleurs accueilli avec satisfaction la décision de l'OTAN de continuer d'assister l'Albanie pour la remise sur pied et la réorganisation de ses forces armées sous le contrôle démocratique des autorités civiles. Dans ce contexte, les ministres souhaitent des échanges d'information accrus avec l'OTAN.
     



 

V. LE KOSOVO ET LA STABILITÉ DANS LA RÉGION


  1. Les ministres ont eu un échange de vues approfondi sur la situation au Kosovo. Ils ont exprimé leur vive préoccupation quant à l'accroissement de la violence et de la polarisation au Kosovo. Ils ont condamné l'usage excessif de la force par les forces de l'ordre de la RFY et de la Serbie, et insisté pour que celles-ci respectent les normes internationalement reconnues, tout en condamnant tout acte de terrorisme et en lançant un appel à ceux qui soutiennent les activités terroristes au Kosovo pour qu'ils cessent immédiatement. Ils ont réitéré leur appui à l'intégrité territoriale de la RFY tout en soulignant que le statu quo au Kosovo était inacceptable. Ils sont convenus que la crise au Kosovo constitue un risque pour la stabilité de la région avoisinante. Ils ont insisté sur le fait qu'il était indispensable pour les parties de prendre immédiatement des mesures afin de réduire la tension et d'engager un dialogue sans condition. Les ministres se sont déclarés prêts à promouvoir une approche claire et réalisable vers la pleine intégration de Belgrade dans la communauté internationale si Belgrade prend les mesures nécessaires au démarrage de discussions de fond sur le statut politique du Kosovo. Ils ont également exprimé leur soutien aux efforts de la communauté internationale, y compris ceux des Nations Unies, de l'OSCE, du G8, du Groupe de contact et de pays de la région et ont fait leurs les récentes déclarations du Conseil Affaires générales de l'UE, du Conseil de l'Atlantique Nord et des ministres des Affaires étrangères de pays de l'Europe du Sud-Est. Ils ont profondément regretté que le Président Milosevic n'ait cependant pas créé jusqu'à présent les conditions d'un véritable dialogue sans conditions préalables. Ils ont noté que l'action insuffisante de Belgrade ne peut qu'aggraver l'isolement de la RFY.
  2. Les ministres ont estimé que l'élément multinational de conseil en matière de police (EMCP) de l'UEO en Albanie contribue à la stabilité dans la région. Ils ont chargé le Conseil permanent d'étudier d'autres domaines de coopération possibles avec les autorités albanaises :
  3. Les ministres ont exprimé leur soutien pour les efforts menés à l'OTAN en vue d'obtenir des avis militaires sur la possibilité de nouvelles contributions à la sécurité en Albanie et dans l'ERYM (1) et proposeront que des représentants de l'état-major militaire de l'UEO participent au mécanisme d'évaluation de l'OTAN.

    En tenant compte des résultats des délibérations en cours à l'OTAN, l'UEO serait prête à examiner l'opportunité de nouvelles contributions, par exemple dans le domaine de la formation et de la restructuration militaires des forces armées albanaises.
     



 

VI. DÉVELOPPEMENT OPÉRATIONNEL DE L'UEO


  1. Les ministres ont souligné les progrès importants qui ont été réalisés dans le renforcement de l'UEO grâce au développement de son rôle opérationnel.
  2. Les ministres se sont félicités des progrès réalisés, depuis leur réunion d'Erfurt, dans la mise en oeuvre de leur décision concernant la réorganisation de la structure militaire au siège de l'UEO, qui sera effective à compter du 14 mai 1998. Dans ce contexte, ils ont approuvé le mandat de l'officier général 3 étoiles, qui assumera la double fonction de Président du Comité des délégués militaires et de Directeur de l'état-major militaire, et de son élément de soutien.
  3. Les ministres ont pris note avec intérêt du rapport de la Présidence sur la réunion des CEMA tenue à Athènes le 7 avril 1998. En particulier, ils ont accueilli avec satisfaction l'avis militaire harmonisé du Groupe des délégués militaires (GDM) sur le rôle futur de la Cellule de planification. Ils ont réaffirmé l'importance qu'ils attachent à une Cellule de planification efficace en tant que composante militaire de l'état-major militaire de l'UEO au siège de l'Organisation.
  4. Les ministres ont approuvé le document relatif au mandat de la Cellule de planification, élaboré sur la base du développement des capacités opérationnelles de l'UEO et notamment des décisions prises à Paris et à Erfurt concernant l'établissement du comité militaire et l'état-major militaire de l'UEO. Les ministres attendent avec intérêt l'élaboration du mandat d'une unité spécifique de la Cellule de planification, dans le cadre de l'application des décisions prises à Erfurt sur la participation des pays UEO concernés à la planification des opérations auxquelles ils contribuent.
  5. Les ministres se sont félicités de la décision du Conseil permanent sur les modalités de la mise en place d'états-majors de FRUEO multinationales. Ils estiment que la poursuite des travaux sur cette question apporte une contribution importante au renforcement des capacités opérationnelles de l'UEO.
  6. Les ministres ont accueilli avec satisfaction les progrès accomplis dans la préparation de l'exercice UEO CRISEX 98, prévu en novembre prochain, qui vise à maintenir et à améliorer les capacités de gestion de crise de l'UEO en mettant à l'épreuve les mécanismes et procédures agréés, et notamment l'interaction qui a lieu à cet égard entre le siège de l'UEO et les pays. Ils se sont félicités en outre de la présence des associés partenaires lors des discussions du GDM relatives à cet exercice. Ils ont exprimé leur satisfaction quant à la décision concernant les modalités relatives à la présence d'observateurs de différents pays et institutions lors de l'exercice CRISEX 98.
  7. Les ministres ont exprimé leur intérêt pour les travaux réalisés à ce jour sur le concept de mobilité stratégique de l'UEO.
  8. Les ministres ont noté avec satisfaction que le Centre satellitaire poursuit ses travaux à l'appui des missions de l'UEO. Ils ont pris note d'un rapport d'étape sur l'évaluation des possibilités de participation de l'UEO à un programme européen multilatéral en développement et ont chargé le Conseil permanent de poursuivre ses travaux et de présenter ses conclusions en temps opportun. Ils ont noté en outre que les travaux continuent concernant l'offre visant à renforcer l'accès de l'UEO aux images recueillies par le satellite HELIOS et espèrent la mise au point rapide des modalités nécessaires. Ils ont pris note de l'intention exprimée par la France de proposer, lors d'une future conférence de planification, l'emploi d'une station terrestre mobile pour la réception de ces images dans le contexte de l'exercice CRISEX 98. Les ministres ont également pris note avec intérêt de l'initiative de la Présidence grecque qui a présenté, en vue de son examen, un document sur le cadre conceptuel de la politique spatiale de l'UEO, et ont invité le Conseil permanent à approfondir la réflexion sur cette question.
  9. Les ministres ont accueilli avec satisfaction la décision du Conseil permanent concernant la possibilité pour les États membres de détacher des analystes d'images au Centre satellitaire. Ils ont rappelé en outre qu'ils avaient pour objectif de développer au maximum les possibilités de participation des membres associés et des observateurs aux activités spatiales de l'UEO et de renforcer la participation des associés partenaires à un nombre croissant d'activités, et ont chargé le Conseil permanent d'explorer plus avant les possibilités à cette fin. Dans ce contexte, les ministres ont accueilli avec satisfaction la décision du Conseil permanent concernant la possibilité pour les États membres associés de détacher des analystes d'images au Centre satellitaire. Ils se sont félicités de la visite au Centre satellitaire d'experts des États observateurs et de la visite prochaine qu'y effectueront des Représentants permanents des associés partenaires, visites dans lesquelles ils voient un pas supplémentaire vers une participation accrue de ces pays aux activités opérationnelles de l'UEO.
  10. Les ministres ont salué l'initiative de l'Autriche et de l'Italie, qui exerceront prochainement la Présidence de l'UE et celle de l'UEO, de co-organiser à Vienne, du 7 au 10 juillet 1998, un séminaire d'experts européens sur la mise en oeuvre des obligations des traités relatives aux mines dans les forces armées. Conscients des terribles souffrances humaines causées par le fléau des mines terrestres et rappelant la déclaration d'Erfurt, les ministres ont réaffirmé leur détermination à faire tout ce qui est en leur pouvoir pour interdire les mines terrestres antipersonnel dans le monde entier. Dans ce contexte, ils ont invité le Conseil permanent à poursuivre ses travaux en vue de renforcer les capacités de l'UEO.
  11. Les ministres ont accueilli avec satisfaction l'annonce, par l'Italie, la Hongrie et la Slovénie, de la création d'une force terrestre multinationale (FTM). Après l'achèvement des procédures internes dans ces trois pays, la FTM pourrait être mise à la disposition de l'UEO pour des missions de type Petersberg sur décision unanime de ces pays et selon le cadre d'emploi défini dans l'accord intervenu entre eux.
  12. Les ministres ont accueilli avec satisfaction le mandat du Groupe Logistique de l'Europe occidentale (GLEO) et les modalités relatives à la participation des pays de l'UEO intéressés qui ne sont pas membres de plein droit du GLEO.
  13. Les ministres ont salué les efforts déployés par le Conseil en application du mandat donné lors de leur réunion d'Erfurt de réfléchir à des procédures au sein de l'UEO favorisant l'obtention d'un consensus et, le cas échéant, l'émergence d'une décision d'intervenir en réponse à une crise particulière, dans le cadre des dispositions pertinentes du traité de Bruxelles modifié. Ils ont invité le Conseil permanent à poursuivre les travaux plus avant, en faisant fond sur les progrès accomplis jusqu'ici, en vue de soumettre ses conclusions à leur prochaine réunion.


 

VII. COOPÉRATION EN MATIÈRE D'ARMEMENT


  1. Les ministres ont noté avec satisfaction que, conformément aux décisions prises par les ministres de la Défense du GAEO à Erfurt, un certain nombre de pays observateurs de l'UEO qui le souhaitent et qui ne sont pas membres du GAEO, en particulier la Finlande et la Suède, ont assisté à la réunion des Directeurs nationaux des armements du GAEO qui s'est tenue à Berlin le 13 mars 1998, et que l'Autriche réfléchit actuellement à sa future participation aux activités du GAEO.
  2. Les ministres attendent avec intérêt que les associés partenaires de l'UEO se prévalent des possibilités de participer aux activités de coopération en matière d'armement qui leur ont été offertes à Erfurt.
  3. Ils ont également noté que la question de savoir comment réagir à l'intérêt manifesté par la Fédération de Russie et l'Ukraine pour la coopération en matière d'armement était à l'étude.
  4. Les ministres ont pris note avec satisfaction des travaux en cours au GAEO pour mettre au point un plan définitif, comportant un calendrier pour la progression vers une agence européenne de l'armement, qui sera présenté aux ministres de la Défense du GAEO à l'automne 1998.

 

VIII. RELATIONS AVEC LES PAYS TIERS


  1. Les ministres ont souligné la nécessité de développer les relations de l'UEO avec les pays tiers de façon à renforcer la coopération dans le cadre de la sécurité européenne.
  2. Les ministres ont pris note du débat du Groupe de travail spécial sur le maintien de la paix, lancé à l'initiative de la Présidence; ce débat a été l'occasion d'une réflexion utile sur la politique, les expériences et les contributions de l'UEO en ce qui concerne les méthodes et les normes générales du maintien de la paix. Cette réflexion contribuera à nourrir les échanges de vues à venir avec la Russie et l'Ukraine sur le maintien de la paix.
  3. Les ministres ont examiné la situation concernant les relations avec la Russie, compte tenu du rôle stratégique et de l'importance de ce pays pour l'édification de l'architecture de sécurité européenne. Ils ont salué l'adoption de mesures concrètes en vue d'une intensification du dialogue et de la coopération en cours, y compris dans le domaine de l'imagerie satellitaire. Ils ont souligné qu'il importe de commencer les discussions dès que possible en vue d'un accord, au bénéfice des deux parties, sur le transport aérien à longue distance. Ils se sont également félicités de l'intensification des contacts qu'entretiennent l'Assemblée et l'Institut d'études de sécurité de l'UEO avec la Russie.

  4.  

     
     
     

    Ils ont chargé le Conseil permanent de continuer de promouvoir le dialogue de l'UEO avec la Russie et de définir de nouvelles possibilités de coopération concrète.

  5. Les ministres ont exprimé leur satisfaction quant au développement du dialogue de l'UEO avec l'Ukraine et réaffirmé que ce pays est un important partenaire européen de l'UEO. Étant donné le rôle essentiel joué par l'Ukraine dans la consolidation de la sécurité en Europe, ils se sont félicités des mesures concrètes visant à renforcer encore la coopération concrète entre l'UEO et ce pays, et en particulier de la visite qu'effectueront prochainement, pour la première fois, des experts ukrainiens au Centre satellitaire. Ils se sont également félicités de l'intensification des contacts qu'entretiennent l'Assemblée et l'Institut d'études de sécurité de l'UEO avec l'Ukraine.

  6.  

     
     
     

    Les ministres ont chargé le Conseil permanent d'examiner toutes les possibilités d'établir une base solide et viable pour l'intensification du dialogue et de la coopération concrète avec l'Ukraine.

  7. Les ministres ont réitéré le souhait que la Russie, le Bélarus et l'Ukraine ratifient prochainement le traité Ciel ouvert.
  8. Les ministres ont réitéré leur conviction que le dialogue avec les pays méditerranéens non membres de l'UEO devait continuer à s'enrichir tant sur le plan de la substance que sur celui de son contenu concret. À cet égard, ils ont salué les travaux menés à cette fin sous la Présidence grecque. Ils se sont également félicités de la décision du Conseil d'élargir le dialogue au Royaume hachémite de Jordanie. Ils ont invité le Conseil permanent à poursuivre ses travaux en tenant compte du processus de Barcelone et de l'initiative de l'OTAN sur la Méditerranée.
  9. Ils se sont félicités de la décision du Conseil permanent concernant la participation des associés partenaires aux réunions du Groupe Méditerranée traitant de questions liées au dialogue de l'UEO avec les pays méditerranéens non membres de l'Organisation.
  10. Les ministres ont pris note de l'ouverture de négociations d'adhésion entre Chypre et l'Union européenne. Ils se sont félicités du dialogue en cours avec Chypre (2), qui évolue parallèlement au développement de ses relations avec l'Union européenne.
  11. Les ministres ont pris note du rapport sur le maintien de la paix en Afrique, qui examine les priorités et les modalités à définir en vue de nouvelles étapes, en 1998, dans le cadre de la politique de l'UEO en matière de maintien de la paix. Ils ont chargé le Conseil permanent d'étudier d'autres possibilités pour favoriser cette coopération, en coordination étroite avec, entre autres, l'Union européenne et les Nations Unies. Ils ont noté l'envoi d'observateurs de l'UEO à l'exercice ouest-africain de maintien de la paix "Guidimakha", qui s'inscrit dans le cadre de l'initiative américano-franco-britannique sur la formation aux activités de maintien de la paix.

IX. OSCE


  1. L'UEO soutient le rôle que joue l'OSCE pour la sécurité européenne en tant qu'organisation spécialisée dans l'alerte rapide, la prévention des conflits, la gestion des crises et la reconstruction après un conflit, pour l'établissement de normes et de principes relatifs à la conduite des États, et pour la création d'un cadre souple d'intégration pour la sécurité coopérative et la coopération entre différentes organisations et institutions. Dans ce contexte, les ministres ont salué les efforts déployés par l'OSCE pour élaborer, à l'échelle de l'Europe, un système de sécurité à la fois global et indivisible, et promouvoir les relations se renforçant mutuellement entre l'OSCE et d'autres organisations internationales. Soulignant qu'il importe de maintenir une coopération étroite entre l'UEO et l'OSCE en Albanie, ils ont insisté sur la nécessité d'échanges directs d'informations, qui constituent l'un des moyens concrets de parvenir à une plus grande efficacité.

X. FORUM TRANSATLANTIQUE


  1. Les ministres ont rappelé qu'il importe de poursuivre le dialogue du Forum transatlantique et ont salué les diverses initiatives développées dans ce cadre par la Présidence belge, qui visent à en accroître encore l'impact sur les milieux de décision aux États-Unis et au Canada. Ils ont invité le Conseil permanent à poursuivre ces travaux.

XI. AUTRES QUESTIONS


  1. Les ministres ont salué l'initiative de la Présidence grecque d'organiser, en coopération avec l'Institut d'études de sécurité de l'UEO, un séminaire pour les jeunes diplomates des 28 pays de l'UEO, afin de leur permettre de connaître et de comprendre le rôle que joue l'UEO dans l'édification de l'architecture européenne de sécurité, confirmant ainsi sa fonction en tant que véritable cadre de dialogue et de coopération entre les Européens sur des questions touchant à la sécurité et à la défense au sens large.
  2. Les ministres ont mis l'accent sur la précieuse contribution que l'Assemblée parlementaire de l'UEO et ses commissions continuent d'apporter aux travaux de l'Organisation. Dans ce contexte, le Président de l'Assemblée a pris la parole devant le Conseil des ministres. Les ministres ont salué l'initiative de l'Assemblée d'organiser en coopération avec l'OTAN, du 4 au 6 mai 1998, un séminaire à Madrid sur le thème de l'identité européenne de sécurité et de défense.
  3. Les ministres ont rappelé les travaux accomplis par l'Institut d'études de sécurité en matière de recherche et d'information directement liées aux questions de sécurité et de défense. Ils ont pris note des propositions de l'Institut concernant son développement progressif en Académie européenne de sécurité et de défense et ont invité le Conseil permanent à étudier cette question plus avant. Les ministres ont également réitéré leur souhait de voir tous les pays de l'UEO participer aussi étroitement que possible aux activités de l'Institut.
  4. Les ministres ont salué la déclaration de l'Italie concernant son programme pour les six prochains mois au cours desquels elle exercera la présidence de l'UEO :
  5. Les ministres ont exprimé leurs remerciements à l'Amiral Rafael de Morales, à l'occasion de son départ prochain, pour la précieuse contribution qu'il a apportée au développement opérationnel de l'Organisation, et se sont félicités de la nomination du Vice-Amiral d'escadre Jean Marie Viriot au poste de Président du Comité des délégués militaires et de Directeur de l'état-major militaire de l'UEO.

  1. La Turquie reconnaît la Macédoine sous son nom constitutionnel.
  2. La Turquie se dissocie de cette mention en réservant sa position sur cette question.

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Jean-Pierre Maury