Capitulation de l'Allemagne


Acte de Reims, 7 mai 1945.
Acte de Berlin, 8/9 mai 1945.
[Conformément à la Charte de l'Atlantique, à la déclaration des Nations unies et aux décisions des conférences de Téhéran et de Yalta, la guerre se poursuit jusqu'à la capitulation de l'Allemagne.
Roosevelt n'a pas voulu répéter l'erreur de Wilson ménageant l'Allemagne lors de l'armistice de 1918. Les États-Unis, le Royaume-Uni et l'URSS ont déjà convenu de refuser toute négociation avec le gouvernement allemand et d'occuper le territoire de l'Allemagne dont ils ont prévu de prendre en charge l'administration par les accords de Londres des 12 septembre et 14 novembre 1944, confirmés à Yalta et modifiés le 1er mai 1945 afin d'associer la France aux organismes de contrôle en Allemagne et de lui attribuer une zone d'occupation. Le texte des actes de capitulation militaire est ainsi très bref, fixant simplement l'heure de la cessation des hostilités. C'est une déclaration commune des quatre puissances victorieuses qui prévoit de manière unilatérale les modalités de la capitulation allemande et de l'exercice de l'autorité suprême en Allemagne par les Alliés.
Trois redditions partielles ont été acceptées, le 2 mai sur le front italien (Alexander), le 4 à Lunebourg pour le front du Nord-Ouest (Montgomery), le 5 à Innsbruck pour le front Sud (Devers et de Lattre), mais les Alliés imposent une capitulation générale et simultanée sur tous les fronts.
La capitulation allemande donne lieu à deux actes à Reims le 7 mai et à Berlin le 8. Le deuxième acte est exigé par Staline et revêt une double signification symbolique : à Berlin, capitale du Reich, et devant le maréchal Joukov, représentant le Haut Commandement soviétique. L'acte prévu à 15 heures est retardé pour des raisons protocolaires jusqu'à minuit, mais la capitulation a pris effet à 23 h 01, soit le 9 mai à Moscou, date qui sera retenue en URSS comme date de la victoire.
Il n'y a pas de version officielle française du texte des actes.]

Acte de reddition du 7 mai 1945 à Reims

1° Nous, soussignés, agissant au nom du Haut Commandement allemand, nous rendons sans condition au Commandement suprême des forces expéditionnaires alliées et simultanément au Haut Commandement soviétique, toutes les forces terrestres, navales et aériennes qui sont à cette date sous contrôle allemand.

2° Le Haut Commandement allemand donnera immédiatement des ordres à toutes les autorités militaires navales et aériennes allemandes sous contrôle allemand de cesser toutes les opérations actives à 23 h 01 (heure d'Europe centrale) le 8 mai, et de rester sur les positions occupées à ce moment. Aucun navire, bâtiment ou avion ne devra être sabordé et aucun dégât ne devra être effectué à leur coque, machinerie ou équipement.

3° Le Haut Commandement allemand transmettra immédiatement ceci au commandants préposés et assurera l'exécution de tous autres ordres publiés par le Commandement suprême des forces expéditionnaires alliées et par le Haut Commandement soviétique.

4° Cet acte de reddition militaire est indépendant de tout acte de reddition imposé par les Nations unies ou en leur nom. Il est applicable à l'Allemagne et aux forces armées allemandes en totalité.

5° Dans le cas où le Haut Commandement ou quelque force sous son contrôle n'agirait pas selon cet acte de reddition, le Commandement suprême des forces expéditionnaires alliées et le Haut Commandement soviétique prendront les mesures ou autre action punitive qu'ils jugeront nécessaires.

    Signé à Reims, France, à 2 h 41, le 7 mai 1945

Au nom du Haut Commandement allemand,
        Jodl.
En présence :
Au nom du Haut Commandement soviétique,
        Ivan Susloparoff.
Au nom du Commandement suprême des forces expéditionnaires alliées,
        W. Bedell Smith.
Au nom du Haut Commandement français,
        F. Sevez

Acte de capitulation de Berlin

1° Nous soussignés, agissant au nom du Haut Commandement allemand, capitulons par la présente sans condition devant le Commandement suprême des Forces expéditionnaires alliées, et simultanément, devant le Haut Commandement soviétique, avec toutes les forces de terre, de mer et de l'air qui se trouvent à ce jour sous le contrôle allemand.

2° Le Haut Commandement allemand donnera immédiatement à toutes les autorités terrestres, navales et aériennes allemandes, ainsi qu'à toutes les forces sous contrôle allemand, l'ordre de cesser toutes opérations militaires le 8 mai à vingt trois heures 01, heure de l'Europe centrale, et de rester sur les positions occupées à ce moment et de désarmer complètement, en remettant leurs armes et leur équipement aux Commandants alliés locaux ou à des officiers désignés par des représentants des Hauts Commandants Alliés.

Aucun bateau, bâtiment ou avion ne devra être sabordé ou détruit, et aucun dommage ne devra être causé ni aux coques, machines et équipements, ni aux machines de toutes sortes, armements, appareils, ni en général à tous moyens techniques permettant de poursuivre la guerre.

3° Le Haut Commandement allemand donnera immédiatement à tous les commandants intéressés tous ordres ultérieurs transmis par le Commandement Suprême des Forces expéditionnaires alliées et par le Haut Commandement soviétique et veillera à leur exécution.

4° Le présent acte de reddition des forces armées ne préjuge en rien de tout instrument général de capitulation, concernant l'Allemagne et l'ensemble des forces armées allemandes, imposé par les Nations Unies ou en leur nom, et qui remplacerait celui-ci.

5° Dans le cas où le Haut Commandement allemand ou toute force relevant de son autorité contreviendrait au présent acte de capitulation, le Commandement suprême des Forces expéditionnaires alliées et le Haut Commandement soviétique prendront les mesure punitives ou autres qu'ils jugeront nécessaires.

Le présent acte est établi en anglais, en russe et en allemand. Seuls les textes anglais et russe feront foi.

    Signé à Berlin, le 8 mai 1945.

Keitel
von Friedeburg
Stumpff
au nom du Haut Commandement allemand
A. W. Tedder
au nom du Commandement suprême des Forces expéditionnaires alliées

G. Joukov
au nom du Haut Commandement soviétique

Signent comme témoins :
J. De Lattre de Tassigny,
Général commandant en chef de la 1re armée française

Carl Spaatz
Commandant des Forces stratégiques aériennes des E. U.


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Jean-Pierre Maury