Proclamation de la République arabe unie, 1er février 1958.
Accord entre l'Irak et la Jordanie, 14 février 1958.
Charte des États arabes unis, 8 mars 1958.
Constitution de l'Union des républiques arabes, 1er septembre 1971.
En octobre 1951, le gouvernement égyptien décide de dénoncer le traité de 1936 qui autorise la présence en Égypte des forces britanniques afin d'assurer la sécurité du Canal de Suez. Il déclenche ainsi « la guerre du Canal » et provoque un mouvement populaire qui entraîne rapidement la chute du régime.
Le 23 juillet 1952, un groupe d'officiers dirigé par le général Mohammed Neguib, mais dont Nasser est l'homme fort, prend le pouvoir. Le roi Farouk doit abdiquer et partir en exil. La Constitution de 1923 est abrogée le 10 décembre. Le 10 février 1953, une proclamation constitutionnelle pose les principes du système de gouvernement pour la période transitoire. Le 18 juin 1953, la monarchie est abolie.
Nasser, premier ministre dès le 25 février 1954, écarte Neguib le14 novembre et amorce un tournant plus radical et pan-arabe. Il a obtenu, le 19 octobre, l'accord sur le départ des forces britanniques dont le dernier soldat quittera l'Égypte le 13 juin 1956. Il devient président de la République, lorsque la première Constitution républicaine est adoptée par référendum le 23 juin 1956. Le 26 juillet 1956, il annonce la nationalisation du canal de Suez, dont il interdit le passage aux navires israéliens. La guerre avec Israël et l'intervention franco-britannique, condamnée par le président Eisenhower, accroissent la popularité de Nasser, qui se propose d'unifier la « nation arabe ».
Le 1er février 1958, l'Égypte et la Syrie forment la République Arabe Unie, dont la Constitution est approuvée par référendum le 21 février, avec l'élection de Nasser comme président. Le 8 mars, la RAU forme avec le Yémen les « États arabes unis ».
Mais, l'union avec le Yémen ne sera jamais consommée et, en dépit du prestige de Nasser, les Syriens sont rapidement désenchantés par son autoritarisme. Le 28 septembre 1961, un coup d'État à Damas met fin à l'Union.
Cependant les deux monarchies hachémites de Jordanie et d'Irak répondent aussitôt en formant une « Confédération arabe », qui disparait bientôt, le 14 juillet suivant, avec le coup d'État qui abolit la Royauté à Bagdad.
Sources : Chronique de politique étrangère , MAI-JUILLET 1959, Vol. 12, No. 3/4, LE MOYEN-ORIENT DEPUIS LA LIGUE-ARABE (MAI-JUILLET 1959).
Stable URL: https://www.jstor.org/stable/44827326.
Accord entre l'Irak et la Jordanie
Attendu que la grande révolution arabe, conduite par le grand sauveur, Sa Majesté Hussein Ibn Ali, annonçait l'aurore d'une nouvelle ère pour la nation arabe, ère caractérisée par le sacrifice et le martyre pour la libération de la grande nation arabe et l'union de ses peuples et pays dans le but de rétablir la position tenue par les Arabes parmi les nations du monde et de contribuer au progrès de la civilisation humaine.
Attendu que la révolution bénie était inspirée par la volonté de liberté et d'unité des Arabes, basée sur leur glorieux passé et leur foi en eux-mêmes ainsi qu'en leur mission nationale éternelle.
Et attendu que la mission de la révolution arabe, pour laquelle son promoteur est mort, passa aux mains des fils et des petits-fils, d'une génération à l'autre, afin de préserver le flambeau qui a guidé la nation arabe dans son progrès vers ses aspirations chéries, vers l'unité complète caractérisée par tous les attributs de la liberté, de la souveraineté et de la dignité, pour la préservation des gloires, pour la préservation de l'héritage et des choses sacrées et pour la réalisation d'un brillant avenir sous l'égide de l'unité bénie.
Les deux États hachémites ont décidé d'établir une union entre eux, basée sur les objectifs sublimes susmentionnés. Dans le cadre de la réalisation de ces aspirations et objectifs nationaux, l'accord a été conclu sur ce qui suit :
1. Une confédération arabe sera établie entre le Royaume d'Irak et le Royaume hachémite de Jordanie, sous le nom de « Confédération arabe », à partir du vendredi, rajab 24 de l'année 1377 du calendrier de l'Hégire, équivalent au 14 février 1958. Cette union sera ouverte aux États arabes désirant s'y joindre.
2. Chacun des deux États maintiendra son statut international d'indépendance, la souveraineté sur son territoire et son système de gouvernement.
3. Tous les traités, pactes et accords internationaux, auxquels chacun des deux États s'est engagé avant l'établissement de l'union entre eux, resteront en vigueur pour l'État les ayant conclus mais n'engageront pas l'autre État. Les traités, pactes et accords internationaux signés avant l'établissement de la fédération et qui concernent la fédération dépendront de la juridiction et des pouvoirs du gouvernement de la fédération.
4. A partir de la date de la proclamation de l'établissement de la fédération, les mesures d'unité complète entre les deux États de la fédération seront réalisées en ce qui concerne les questions suivantes :
a) Unification de la politique étrangère et de la représentation diplomatique.
b) Unification des armées irakienne et jordanienne sous le nom de « armée arabe ».
c) Elimination des barrières douanières entre les deux États et unification des lois en matières de douanes.
5. Dès que possible, les deux parties s'entendront sur les mesures nécessaires d'unification de la monnaie et de la consolidation de la politique financière et économique entre les deux pays.
6. Toutes les fois que cela sera nécessaire, et là où les intérêts de la fédération exigeront qu'une question non stipulée dans l'article 4 devra être unifiée, les mesures nécessaires seront prises conformément à la Constitution de la fédération en vue de l'inclusion de cette question dans la juridiction et les pouvoirs du gouvernement de la fédération.
7. Le drapeau de la révolution arabe sera le drapeau de la fédération et de chacun des deux États individuels.
8. a) Les affaires de la fédération seront dirigées par un gouvernement fédéral consistant en un conseil législatif et une autorité exclusive.
b) Les parlements irakien et jordanien choisiront les membres du Conseil législatif parmi leurs membres respectifs et le nombre des membres représentant chacun des deux États sera le même.
c ) Les membres de l'autorité exécutive seront nommés conformément à la constitution de la fédération et ils prendront en mains les questions tombant sous la juridiction du gouvernement de la fédération.
9. Le roi d'Irak sera le chef du gouvernement de la fédération et, dans le cas de son absence pour telle ou telle raison, le roi de Jordanie sera le chef du gouvernement de la fédération. Chacun des deux rois conservera ses pouvoirs constitutionnels dans son royaume respectif. Dans le cas de l'adhésion d'un autre État à la fédération, la question de la direction de la fédération sera reconsidérée selon les circonstances.
10. Le siège de l'union sera situé alternativement à Bagdad, pour une période de six mois chaque année, et à Amman, pour une période analogue de six mois.
11. a) Le gouvernement de la fédération élaborera une Constitution pour la fédération, conformément aux principes indiqués dans cet accord. La Constitution de chacun des deux États sera amendée afin de s'adapter à la Constitution de la fédération.
b) Des mesures nécessaires seront prises et des procédures seront employées pour mettre sur pied le gouvernement de la fédération et pour élaborer la Constitution de la fédération au cours d'une période n'allant pas au-delà de trois mois à partir de la date de la signature de l'accord.
12. Cet accord sera ratifié conformément aux usages constitutionnels des deux États.
Publié au Palais Basman, à Amman, le vendredi rajab 24 de l'année 1377 du calendrier de l'Hégire, équivalent au 14 février 1958.
Pour obtenir davantage d'informations sur les pays et sur le texte ci-dessus,
voir la fiche Égypte ; la fiche Libye ; la fiche Syrie.
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