Congrès amphyctionique de Panama.
(1826)
Invitation, 7 décembre 1824.
Les objectifs de Bolivar, Lima, février 1826.
L'action de Bolivar au Vénézuéla et en Nouvelle-Grenade lui permet d'organiser la fusion des deux entités espagnoles en une République de Colombie, connue comme la Grande-Colombie.
Le Congrès d'Angostura réunit le 15 février 1819 des délégués du Vénézuéla et de Nouvelle-Grenade pour former une union destinée à unir les différentes provinces émancipées de la domination espagnole. Le projet d'union est approuvé, le 17 décembre 1819, par les délégués du Vénézuéla et le 12 juillet 1821 par ceux de la Nouvelle-Grenade. Une Constitution est rapidement adoptée le 30 août 1821. Le territoire de l'Audience de Quito est intégré le 24 mai 1822 et le province de Guyaquil, devenue indépendante le 9 novembre 1820 est annexée par Bolivar le 31 juillet 1822.
En 1822, Bolivar envoie des diplomates à Lima, Santiago, Buenos Aires et Mexico pour proposer des traités de confédération. Plusieurs furent conclus, mais sans grandes ambitions. Bolivar décide de réunir une grande assemblée de tous les pays émancipés de l'Empire espagnol.
Le Congrès se réunit le 22 juin 1826 et jusqu'au 15 juillet. Colombie, Mexique, Pérou, République d'Amérique-Centrale sont présents. L'ordre du jour concerne la préparation d'un traité de confédération, la conclusion d'accords de commerce, l'abolition de l'esclavage, la délimitation des frontières et la formation d'un contingent militaire pour lutter contre les tentatives espagnoles de reconquête. Les résultats sont décevants pour Bolivar. Le Congrès se réunit pour la dernière fois à Mexico le 9 octobre 1828. Mais entre temps, Sucre et l'armée colombienne ont été chassée de Bolivie, puis du Pérou et le guerre a éclaté entre le Pérou et la Colombie (3 juin 1828 – 28 févr. 1829), à propos des frontières entre les deux pays et du paiement des frais de la guerre de libération du Pérou, que Bolivar veut faire payer aux Péruviens. La Colombie elle-même va bientôt éclater, minée par le conflit entre les fédéralistes et le centralisme bolivarien.
Source : https://portalalba.org/antecedentes-historicos-alba/convocatoria-congreso-anfictionico-panama/
Traduction originale.
Invitation.
Après quinze années de sacrifices consacrés à la liberté de l'Amérique, pour obtenir le système de garanties qui, en temps de paix comme en temps de guerre, sera le bouclier de notre nouvelle destinée, il est temps que les intérêts et les relations qui unissent les républiques américaines, anciennement colonies espagnoles, aient une base fondamentale qui pérennisera, si possible, la durée de ces gouvernements.
L'établissement de ce système et la consolidation du pouvoir de ce grand corps politique relèvent de l'exercice d'une autorité sublime, qui dirige la politique de nos gouvernements, dont l'influence maintient l'uniformité de leurs principes et dont le nom apaise nos tempêtes. Une aussi respectable autorité ne peut exister que dans une assemblée de plénipotentiaires nommés par chacune de nos républiques et réunis sous les auspices de la victoire remportée par nos armes contre la puissance espagnole.
Profondément imprégné de ces idées, j'ai invité en 1822 les gouvernements du Mexique, du Pérou, du Chili et de Buenos Aires à former une confédération et à réunir dans l'isthme de Panama une assemblée de plénipotentiaires de chaque État ; pour qu'elle nous serve de conseil dans les conflits majeurs, de point de contact face aux dangers communs, d'interprète fidèle dans les traités publics lorsque des difficultés surgissent, et, enfin, comme conciliateur de nos différends.
Le gouvernement du Pérou a signé un traité d'alliance et de confédération avec les plénipotentiaires de Colombie le 6 juillet de la même année. Par ce traité, les deux parties ont convenu d'intercéder pour que les gouvernements d'Amérique concluent le même pacte et tiennent une réunion de l'Assemblée générale des confédérés. Le même traité a été conclu avec le Mexique le 3 octobre 1823 par l'envoyé extraordinaire de Colombie auprès de cet État, et il y a de fortes raisons d'espérer que les autres gouvernements se soumettront à l'avis de leurs plus hauts intérêts. Reporter plus longtemps l'Assemblée générale des plénipotentiaires des républiques déjà confédérées jusqu'à l'adhésion des autres serait se priver des avantages que cette Assemblée procurera dès son installation. Ces avantages augmentent prodigieusement si l'on considère le tableau offert par le monde politique, et tout particulièrement le continent européen. La réunion des plénipotentiaires du Mexique, de la Colombie et du Pérou serait indéfiniment retardée si elle n'était pas annulée par l'une des parties contractantes. eux-mêmes ; à moins que l'on n'attende le résultat d'une convention nouvelle et spéciale sur le temps et le lieu relatifs à ce grand objet.
Considérant les difficultés et les retards causés par les distances qui nous séparent, ainsi que d'autres raisons solennelles qui découlent de l'intérêt général, je suis déterminé à prendre cette mesure dans le but de promouvoir la réunion immédiate de nos Plénipotentiaires, tandis que les autres gouvernements célèbrent les préliminaires qui existent déjà entre nous sur la nomination et l'incorporation de leurs représentants.
En ce qui concerne le moment de l'installation de l'Assemblée, j'ose penser qu'aucune difficulté ne peut s'opposer à sa réalisation dans le délai de six mois, à partir de ce jour ; et j'ose aussi me flatter que le désir ardent qui anime tous les Américains d'exalter la puissance du monde de Colomb, diminuera les difficultés et les retards exigés par les préparatifs ministériels et par la distance entre les capitales de chaque État et le point de rencontre central.
Il semble que si le monde devait choisir sa capitale, l'isthme de Panama serait désigné pour cette auguste destinée, placé comme il l'est au centre du globe, avec l'Asie d'un côté, l'Afrique et l'Europe de l'autre. L'isthme de Panama a été offert à cet effet par le gouvernement colombien dans les traités existants. L'isthme est équidistant des extrémités ; c'est pourquoi il pourrait être le site provisoire de la première assemblée des confédérés.
Pour ma part, me référant à ces considérations, je me sens une grande propension à envoyer les députés de cette République à Panama, dès que j'aurai l'honneur de recevoir la réponse tant attendue à cette circulaire. Rien ne saurait satisfaire les désirs ardents de mon cœur autant que le consentement que j'attends des gouvernements confédérés pour réaliser cet acte auguste de l'Amérique.
Si Votre Excellence ne daigne pas y adhérer, je prévois d'immenses retards et dommages, car le mouvement mondial s'accélère, et il pourrait aussi s'accélérer à notre détriment. Lors des premières conférences entre les Plénipotentiaires, la résidence de l'Assemblée, comme ses pouvoirs, pourront être déterminés d'une manière solennelle par la pluralité ; et alors, tout sera accompli.
Le jour où nos plénipotentiaires échangeront leurs pouvoirs s'inscrira dans l'histoire diplomatique de l'Amérique comme une époque immortelle. Quand, après cent siècles, la postérité cherchera l'origine de notre droit public et se souviendra des pactes qui ont consolidé son destin, elle consignera respectueusement les protocoles de l'isthme. Elle y trouvera le plan des premières alliances, qui traceront le cours de nos relations avec l'univers. Que sera donc l'isthme de Corinthe comparé à celui de Panama ?
Dieu vous garde.
Simón Bolívar.
Lima, 7 décembre 1824.
Les objectifs de Bolivar.
Le Congrès de Panama réunira tous les représentants de l'Amérique et un agent diplomatique du gouvernement de Sa Majesté britannique. Ce Congrès semble destiné à former la ligue la plus vaste, la plus extraordinaire et la plus puissante qui ait jamais existé sur terre. La Sainte-Alliance sera inférieure en puissance à cette confédération, pourvu que la Grande-Bretagne veuille y participer en tant que membre constituant. L'humanité accorderait mille bienfaits à cette ligue de salut public, et l'Amérique comme la Grande-Bretagne en récolteraient les fruits. Les relations des sociétés politiques recevraient un code de droit public comme règle de conduite universelle.
1. Le Nouveau Monde serait constitué en nations indépendantes, toutes liées par une loi commune qui déterminerait leurs relations extérieures et leur donnerait le pouvoir de les préserver dans un Congrès général permanent.
2. L'existence de ces nouveaux États obtiendrait de nouvelles garanties.3. L'Espagne ferait la paix par respect pour l'Angleterre, et la Sainte-Alliance reconnaîtrait ces nations naissantes.
4. L'ordre intérieur serait préservé intact entre les différents États et à l'intérieur de chacun d'eux.
5. Personne ne serait plus faible qu'un autre ; personne ne serait plus fort.
6. Un équilibre parfait serait établi dans cet ordre de choses véritablement nouveau.
7. La force de tous viendrait en aide à ceux qui souffrent de l'ennemi extérieur ou de factions anarchiques.
8. Les différences d'origine et de couleur perdraient leur influence et leur pouvoir.
9. L'Amérique ne craindrait plus ce monstre terrible qui a dévoré l'île de Saint-Domingue ; elle ne craindrait pas non plus la prépondérance numérique de ses habitants originels.
10. La réforme sociale, enfin, aurait été réalisée sous les saints auspices de la liberté et de la paix, mais l'Angleterre devrait nécessairement prendre en main l'équilibre de cette balance.
Pour obtenir davantage d'informations sur le pays et sur le texte ci-dessus,
voir la fiche Colombie
Voir la fiche Vénézuéla.
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