Fondation de la (Grande) Colombie.
Résolution du Congrès accordant une autorité illimitée au Libertador, Congrès d'Angostura, 20 mars 1819.
Loi fondamentale de Colombie, 17 décembre 1819.
Loi fondamentale de l'Union des peuples, 18 juillet 1821.
Constitution de Cúcuta, 30 août 1821.
Congrès de Panama, 1826.
Décret organique de Bolivar par lequel il assume le pouvoir suprême, 27 août 1828.
Constitution de Bogotá, 5 mai 1830.
Pendant la guerre d'Indépendance, Bolivar établit son gouvernement à Angostura ; et devenant le « Jefe Supremo », il dispose des pleins pouvoirs politiques et militaires. Il réunit le Congrès d'Angostura le 15 février 1819, pour former sous le nouveau nom de Colombie une union destinée à unir les différentes provinces émancipées de la domination espagnole. Il est immédiatement élu président de la nouvelle République, dont les bases sont adoptées par le Congrès du Vénézuéla, le 17 décembre 1819, et par le Congrès de Nouvelle-Grenade le 18 juillet 1821, après la victoire de Carabobo, le 24 juin 1821, qui assure l'indépendance de la majeure partie des deux pays. Le territoire de l'Audience de Quito est intégré le 24 mai 1822 et le province de Guyaquil, devenue indépendante le 9 novembre 1820 est annexée par Bolivar le 31 juillet 1822.
Alors que le Brésil obtient facilement l'indépendance et en conservant son unité, la réunion des fragments de l'empire espagnol des Amériques dispersés par les guerres d'indépendance paraît alors possible. Le projet d'indépendance des vice-royautés espagnoles d'Amérique sous le nom de Colombie a déjà été formulé par D. Juan Pablo Viscardo y Guzman, puis par Francisco de Miranda, el Precursor.
Au Pérou, le Congrès appelle Bolivar le 14 mai 1823 et lui accorde les pleins pouvoirs le 10 septembre, puis le pouvoir dictatorial le 10 février 1824. Enfin après la victoire d'Ayacucho, le 9 décembre 1824, qui permet d'achever la libération du Pérou, l'armée de Libération, conduite par Sucre, venue de Colombie et renforcée de Péruviens, poursuit sa marche vers le Haut-Pérou, qui prend le nom de Bolivie, le nomme Président et lui confie le pouvoir suprême, le 6 août 1825. Dans ces deux pays, Bolivar donne une Constitution conforme à ses idées politiques : un président à vie et tout puissant. Il propose la formation d'une Fédération des Andes, mais la présence colombienne paraît pesante tant en Bolivie qu'au Pérou et les deux pays ne donnent pas suite au projet. Le vaste projet d'union des pays issus de l'ancien empire espagnol, discuté au Congrès de Panama, convoqué par Bolivar, échoue également, les nouveaux pays ne voulant pas sacrifier leur indépendance chèrement acquise. D'autant que la division de la population sur des bases raciales et de classe ne permet pas le développement d'autorité légitime d'origine démocratique, et favorise en revanche la succession au pouvoir de Caudillos disposant de la force militaire.
En Colombie même, le courant fédéraliste hostile au centralisme bolivarien se développe, notamment en Cundinamarca avec Santander, et au Vénézuéla avec Paez. La tentative de réforme de la Constitution échoue et la dispersion de la convention d'Ocaña, que quitte la minorité bolivarienne, annonce la dissolution de la Colombie. Bolivar abolit la Constitution de Cucuta et assume la dictature. Le général Paez organise alors la sécession du Vénézuéla, et la province du Sud devient la République de l'Équateur. En dépit de la démission de Bolivar le 4 mai 1830, la Constitution votée le 5 mai n'est jamais entrée en vigueur. Les provinces restantes forment alors la République de Nouvelle-Grenade sous la présidence de Santander. En 1863, le pays reprend le nom de Colombie.
Source : Traductions originales, suivant le texte espagnol.
https://www.cervantesvirtual.com/nd/ark:/59851/bmc7w8b7
https://www.cervantesvirtual.com/obra/ley-fundamental-de-colombia-1819--0/
Résolution accordant une autorité illimitée au Libertador, Congrès d'Angostura, 20 mars 1819.
Considérant que le succès et la rapidité des opérations militaires exigent une autorité et des pouvoirs extraordinaires de la part du chef qui les dirige, le Souverain Congrès a daigné décréter le 26 février, comme l'expriment les articles suivants :
1. Le Président de la République, en campagne, exercera une autorité absolue et illimitée dans la ou les provinces qui seront le théâtre de ses opérations.
2. Il pourra déléguer ces pouvoirs dans la mesure ou avec les restrictions qu'il jugera appropriées.
3. Il ne s'occupera pas d'autres affaires que celles de la guerre ou de celles qui s'y rapportent directement. Le gouvernement général de l'État restera entre les mains du Vice-Président, avec les mêmes pouvoirs que le Président, à l'exception des provinces où les armées sont stationnées, où il n'y aura d'autre autorité que celle du Président.
4. Toutes les promotions et avancements relèvent de la responsabilité du Président de l'État.
5. Le Président communiquera avec le Vice-président sur toutes les questions relatives au service militaire et maintiendra des communications fréquentes avec lui, informant les généraux servant séparément de ces questions.
Simón Bolívar, Libertador, Président de l'État.
Loi fondamentale de Colombie, 17 décembre 1819.
Le Congrès souverain du Vénézuéla, à l'autorité duquel les peuples de la Nouvelle-Grenade, récemment libérés par les armes de la République, ont volontairement choisi de se soumettre.
Considérant :
1. Que, réunies en une seule République, les Provinces du Venezuela et de la Nouvelle-Grenade disposent de tous les moyens et ressources pour atteindre le plus haut degré de puissance et de prospérité ;
2. Que, constituées en républiques distinctes, aussi étroites soient les relations qui les unissent, loin de bénéficier de tant d'avantages, elles auraient du mal à consolider et à imposer leur souveraineté ;
3. Que ces vérités, comprises par tous les hommes de talent supérieur et d'un patriotisme éclairé, ont incité les gouvernements des deux Républiques à accepter leur réunion, que les vicissitudes de la guerre ont empêchée ;
Pour ces considérations de nécessité et d'intérêt mutuel, et conformément au rapport d'une Commission spéciale de députés de la Nouvelle-Grenade et du Venezuela, au nom et sous les auspices de l'Être suprême ;
A décrété et décrète par la présente la Loi fondamentale suivante de la République de Colombie :
Article premier.
Les Républiques du Venezuela et de la Nouvelle-Grenade sont, à compter de ce jour, unies sous le nom glorieux de République de Colombie.
Article 2.
Son territoire sera celui de l'ancienne Capitainerie générale du Venezuela et de la Vice-royauté du nouveau Royaume de Grenade, couvrant une superficie de 115 000 lieues carrées, dont les limites précises seront déterminées dans de meilleures conditions.
Article 3.
Les dettes contractées séparément par les deux républiques sont reconnues conjointement par la présente loi comme la Dette nationale de la Colombie, au paiement de laquelle sont affectés tous les biens et propriétés de l'État, et les branches les plus productives des recettes publiques.
Article 4.
Le pouvoir exécutif de la République est exercé par un Président et, à défaut, par un Vice-président, tous deux nommés par intérim par le Congrès en exercice.
Article 5.
La République de Colombie sera divisée en trois grands départements : le Venezuela, Quito et Cundinamarca, qui comprendront les provinces de la Nouvelle-Grenade, dont le nom est supprimé par les présentes. Les capitales de ces départements seront les villes de Caracas, Quito et Bogotá, Santa Fe étant supprimée.
Article 6.
Chaque département sera doté d'une administration supérieure et d'un chef, nommé provisoirement par le présent Congrès avec le titre de vice-président.
Article 7.
Une nouvelle ville, portant le nom du Libérateur Bolívar, sera la capitale de la République. Son plan et son emplacement seront déterminés par le premier Congrès général, afin de répondre aux besoins des trois départements et à la grandeur à laquelle ce pays opulent est naturellement destiné.
Article 8.
Le Congrès général de Colombie se réunira le 19 janvier 1821, dans la ville de Rosario de Cúcuta, considérée, en toutes circonstances, comme le lieu le plus approprié. Sa convocation sera faite par le Président de la République le 1er janvier 1820, avec communication du Règlement des élections. Celles-ci seront constituées par une Commission spéciale et approuvées par le Congrès en exercice.
Article 9.
La Constitution de la République de Colombie sera élaborée par son Congrès général, auquel sera présenté le projet décrété par le Congrès en exercice et qui, avec les lois promulguées par le Congrès, sera immédiatement mise en œuvre, par tâtonnements.
Article 10.
Les armoiries et le drapeau de la Colombie seront décrétés par le Congrès général, utilisant, entre-temps, les armoiries et le drapeau du Venezuela, comme ils sont plus connus.
Article 11.
Le Congrès en exercice sera suspendu le 15 janvier 1820 et de nouvelles élections pour le Congrès général de Colombie seront organisées.
Article 12.
Une Commission de six membres et un président remplaceront le Congrès, avec des pouvoirs spéciaux à déterminer par décret.
Article 13.
La République de Colombie sera solennellement proclamée parmi les peuples et les armées, par des célébrations et réjouissances publiques, dans cette capitale, le 25 décembre prochain, en l'honneur de la naissance du Sauveur du monde, sous le patronage duquel s'est réalisée cette réunion tant désirée, grâce à laquelle l'État est régénéré.
Article 14.
L'anniversaire de cette régénération politique sera perpétuellement célébré par une fête nationale, au cours de laquelle les vertus et les lumières seront récompensées, comme à Olympie.
Le Président du Congrès, Francisco Antonio Zea ;
La présente Loi fondamentale de la République de Colombie sera solennellement promulguée dans les villes et les armées, inscrite dans tous les registres publics et déposée dans toutes les archives des conseils municipaux et des corporations, tant ecclésiastiques que laïques.
Donné au Palais du Congrès souverain du Venezuela, à Santo Tomás de Angostura, le dix-septième jour du mois de décembre de l'an de grâce mil huit cent dix-neuf, neuvième de l'Indépendance.
Juan Germán Roscio; Manuel Sedeño; Juan Martínez; José España; Luis Tomés Peraza; Antonio M. Briceño; Eusebio Afanador; Francisco Conde; Diego Bautista Urbaneja; Juan Vicente Cardozo; Ignacio Muñoz; Onofre Basalo; Domingo Alzuru, José Tomás Machado; Ramón García Cádiz.
Le député secrétaire, Diego de Vallenilla.
Palais du Congrès souverain du Venezuela à Angostura, 17 décembre 1819.
Le Congrès souverain décrète que la présente Loi fondamentale de la République de Colombie doit être communiquée au pouvoir exécutif suprême par l’intermédiaire d’une députation pour publication et application.
Le Président du Congrès, Francisco Antonio Zea.
Le député secrétaire, Diego de Vallenilla.
Palais du gouvernement à Angostura, le 17 décembre 1819.
Que cette loi soit imprimée, publiée, exécutée et authentifiée avec le sceau de l’État.
Simon Bolivar.
Par le Président de la République.
Le ministre de l’intérieur et de la justice.
Diego B. Urbaneja.
Pour obtenir davantage d'informations sur le pays et sur le texte ci-dessus,
voir la fiche Colombie
Voir la fiche Vénézuéla.
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