Niger


Indépendance de la République du Niger, 3 août 1960.

Proclamation de la République du Niger, 18 décembre 1958.

Accord particulier portant transfert des compétences de la Communauté.

Message du Président de la République Française, Président de la Communauté, à la République du Niger, à l'occasion de son accession à l'indépendance au sein de la Communauté.

Discours d'indépendance du président Hamani Diori.


    En 1946, le Niger devient territoire d'outre-mer et un conseil général est formé, transformé en Assemblée territoriale par la loi n° 52-130 (JORF du 7 février 1952, p. 1537). Le suffrage universel et le collège unique sont institués par la loi-cadre du 23 juin 1956, qui dote chacun des huit territoires d'AOF d'un conseil de gouvernement dont les ministres sont élus par l'Assemblée territoriale.    
   
Djibo Bakary devient le premier chef du gouvernement autonome le 20 mai 1957. Il prend position contre le projet de Communauté soumis au référendum du 28 septembre 1958, mais la victoire du « oui », avec 78,43 %, conduit le gouvernement à la démission le 19 octobre 1958 et l'Assemblée territoriale est dissoute. Le 18 décembre 1958, l'Assemblée territoriale nouvellement élue choisit le statut d'État membre de la Communauté, proclame la République du Niger et se transforme en Assemblée constituante. Hamani Diori, bien que battu dans sa circonscription et n'étant pas membre de l'Assemblée, devient chef du Gouvernement provisoire, puis premier ministre. La première Constitution est adoptée par l'Assemblée le 25 février 1959 et promulguée le 12 mars.

    L'indépendance est proclamée le 3 août 1960.

L'évolution de l'Afrique française entre 1945 et 1959.
L'Afrique occidentale française.


Sources : Journal officiel de la Communauté, Deuxième année, n° 8, 15 août 1960, p. 107 et 118.


Proclamation de la République du Niger, 18 décembre 1958.

Délibération n° 48-58/ AT de l’Assemblée territoriale du Niger en date du 18 décembre 1958.

Article 1er : Le territoire du Niger adopte le statut d’État membre de la Communauté.

Article 2 : L’État du Niger prend le titre de République du Niger.



Accord particulier portant transfert des compétences de la Communauté.

Le Gouvernement de la République Française, d'une part,
Le Gouvernement de la République du Niger, d'autre part,
Sont convenus de ce qui suit :

Article premier.

La République du Niger accède, en plein accord et amitié avec la République Française, à la souveraineté internationale et à l'indépendance par le transfert des compétences de la Communauté.

Article 2.

Toutes les compétences instituées par l'article 78 de la Constitution du 4 octobre 1958 sont, pour ce qui la concerne, transférées à la République du Niger, dès l'accomplissement par les parties contractantes de la procédure prévue à l'article 87 de ladite Constitution.

Fait à Paris, le 11 juillet 1960.

Pour le Gouvernement de la République Française,
MICHEL DEBRÉ.
Pour le Gouvernement de la République du Niger,
HAMANI DIORI.



Discours d'indépendance du président Hamani Diori.

Monsieur le Président, Représentant les Présidents de la République Française et de la Communauté,

Messieurs les Présidents,

Messieurs les Ministres,

Messieurs les Ambassadeurs,

Mesdames, Messieurs,

En ce haut moment de notre histoire, c'est un sentiment de profonde fierté qui emplit le coeur des hommes et des femmes du Niger. Je dis que cette fierté est légitime, car elle plonge ses racines dans la dignité sacrée de la personne humaine, dans son besoin de liberté, dans son désir de paix et de fraternité.

Ce que l'indépendance de mon pays apporte au monde, ce n'est pas, ce ne sera pas une attitude négative, mais la réaffirmation de ce qui constitue la véritable noblesse de l'Humanité ; une manière nouvelle de concevoir les rapports entre les Nations, les devoirs, les charges de ces Nations au regard de la Paix du Monde.

L'accession de notre pays à l'état de Nation souveraine s'est accomplie au prix d'une lente et nécessaire gestation. Dans l'allégresse, de ce jour nous oublions nos impatiences contenues, les heures d'incertitude et de doute. Il demeure seulement dans nos coeurs et nos esprits la généreuse compréhension d'une grande Nation qui a su préférer aux anciens rapports juridiques qui nous liaient à elle, des relations d'amitié confiante librement établies. La France et le Niger ont longtemps marché ensemble la main dans la main. La France a assuré nos premiers pas. Mais au fur et à mesure que notre marche s'affermissait, que notre destinée nous apparaissait à l'horizon de l'histoire, elle nous laissait aller avec nos propres moyens, avec nos propres forces, avec nos propres responsabilités. La France reconnaît aujourd'hui que nous sommes en mesure de continuer, en voyageurs désormais avertis, conscients des obstacles et des embûches de la route. Mais ce que nous aurons appris ensemble : ce que la tradition française aura apporté à notre tradition nigérienne ; ce mariage de cultures diverses heureusement accompli constitue le gage le plus solide de notre mutuelle estime et de notre profonde amitié. Nous entendons l'offrir au monde en exemple de ce que peuvent produire d'indestructibles deux civilisations qui au lieu de s'ignorer, se rencontrent et se confondent.

Au Niger, nous ne nous sommes jamais trouvés devant la tragique nécessité de rejeter ce que l'Occident nous a apporté. Le terme de notre évolution politique a pu être atteint sans cette explosion de brutalité et de haine qui allume ses brasiers sur certaines parties du Continent Africain. L'ancienne puissance colonisatrice a su déceler et atteindre les authentiques virtualités que tout homme possède en lui ; permettre leur libre épanouissement ; rendre possible enfin le passage de l'État subalterne au statut définitif dans la Paix, l'Ordre et la Discipline. C'est pourquoi je veux dire à la Nation Française, à son peuple libéral ; à son Chef prestigieux, le Général de Gaulle ; je veux leur dire qu'en souscrivant sans arrière-pensée à la souveraineté des peuples africains, ils se sont donné un nouveau et authentique titre de gloire. Mais il y aurait dans mon propos une impardonnable lacune si je n'assignais au Conseil des quatre États de l'Entente la place de choix qui lui revient. Je veux dire ici combien les responsables de ces quatre États ont oeuvré ensemble dans le sens d'une évolution commune, en vue d'un but commun aujourd'hui atteint. Certes, il fallait à la libre association Côte d'Ivoire, Dahomey, Haute-Volta, Niger, au-dessus de notre esprit de coopération, un principe directeur, en un mot une âme. Notre chance fut de trouver, en la personne du Président Félix Houphouët-Boigny, cette noblesse de caractère, ce bon sens du terroir, cette sage bonhomie, en un mot toutes les qualités qui font du Père de l'Entente le véritable artisan de notre sûre et pacifique ascension. Qu'au nom du Peuple du Niger, il accepte nos affectueux remerciements, dans lesquels j'associe tous les États Africains d'Expression Française. Mes remerciements vont enfin à tous les représentants des gouvernements qui nous ont fait le grand honneur d'être nos hôtes aujourd'hui. Leur présence dans notre capitale revêt pour nous tous une haute signification. C'est-à-dire que la naissance de la Nation Nigérienne a été annoncée dans le Monde, et que de tous les points du Globe, les émissaires sont venus lui apporter le salut des hommes de bonne volonté.

Puissent ces hauts mandataires propager le message de Paix et de Fraternité de notre jeune Nation !

Puissent-ils aller rapporter aux hommes de leurs Pays respectifs que le Niger Indépendant désire ardemment tendre la main à tous ceux qui, de près ou de loin, par le coeur ou par l'esprit, par l'art ou la technique, veulent sincèrement coopérer à l'oeuvre fraternelle de sauvegarde et de développement de la civilisation, dans le respect du Génie propre à chaque Peuple.

Vive le Niger Indépendant

Vive la France émancipatrice

Vive l'Amitié Franco-Nigérienne

Vive la Fraternité des Peuples.


Message du Président de la République Française, Président de la Communauté, à la République du Niger, à l'occasion de son accession à l'indépendance au sein de la Communauté.

En accord et en amitié avec la France, la République du Niger accède à la souveraineté internationale.

Pour la cause de la liberté et du développement de son peuple ; le Niger est assuré que la France demeure à ses côtés.

C'est en toute confiance qu'elle-même compte sur le Niger.

Vive le Niger !

Vive la France !

C.  DE GAULLE


Pour obtenir davantage d'informations sur le pays et sur le texte ci-dessus,
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