Algérie

Loi n° 47-1353 du 20 septembre 1947, 
portant statut organique de l'Algérie.

Titre premier. Du régime politique et de l'organisation des pouvoirs publics.
Titre II. Du régime législatif de l'Algérie.
Titre III. Du statut financier de l'Algérie.
Titre IV. De la composition et du fonctionnement de l'Assemblée algérienne.
Titre V. Pouvoirs administratifs du gouverneur général de l'Algérie.
Titre VI. Dispositions diverses et transitoires.
Titre VII. Des collectivités locales.
Titre VIII. Dispositions annexes.

    Le 3 juin 1943, avec la création du Comité français de la Libération nationale (CFLN), Alger devient la capitale de la France libre, alors qu'à Vichy le régime de « l'État Français » est engagé depuis 1940 dans une politique de collaboration avec l'Allemagne nazie.
    Le 7 mars 1944, le Comité français de libération nationale proclame (Voir l'ordonnance du 7 mars 1944) : « Les Français musulmans d'Algérie jouissent de tous les droits et sont soumis à tous les devoirs des Français non musulmans. » Ce principe a immédiatement plusieurs conséquences :
— la loi est la même pour tous et, notamment, le régime dérogatoire de l'indigénat est abrogé en Algérie ;
— les Français musulmans peuvent accéder à tous les emplois civils et militaires ;
— les hommes sont électeurs et éligibles aux assemblées algériennes et participent aux scrutins nationaux.
    Il a pour limite les engagements pris par la France en 1830 : tous ceux qui le souhaitent conservent leur statut personnel soumis aux règles du droit coranique et aux coutumes kabyles. C'est sur cette différence de statut que s'appuie la création de deux collèges électoraux, bien que l'ordonnance autorise l'inscription dans le collège des citoyens, sans obligation de renoncer à leur statut personnel, de ceux qui appartiennent à l'une des 15 catégories distinguées par des critères relatifs à la capacité, à la dignité ou à la fonction occupée. 65.000 Français musulmans étaient immédiatement concernés. 

    L'ordonnance du 17 août 1945 (JORF du 19 août, p. 5155) étend le droit de vote et l'éligibilité à tous les « Français musulmans non citoyens ». Le corps électoral algérien est ainsi constitué, lors du scrutin du 21 octobre 1945, par 501 826 membres du premier collège et 1341 978 électeurs du 2e collège. Enfin la loi du 7 mai 1946 attribue la citoyenneté française à tous les ressortissants des territoires d'outre-mer, y compris l'Algérie. Cette disposition est réaffirmée par l'article 80 de la Constitution de la IVe République, le droit au statut personnel religieux ou coutumier étant maintenu.
    Le statut de 1947 se réduit à la réaffirmation de ces mesures et à la création d'une Assemblée algérienne au sein de laquelle les deux collèges sont représentés à parts égales en dépit du déséquilibre démographique. Il n'est pas question d'un gouvernement local ni d'une quelconque autonomie. Certes une perspective d'évolution est offerte par le passage progressif dans le premier collège des Français musulmans diplômés, titrés, élus ou fonctionnaires. Ce n'est pas vain, mais jugé trop lent ! L'Assemblée algérienne est régulièrement renouvelée en 1951 et en 1954 puis, impuissante devant la montée de la violence, dissoute par Guy Mollet le 12 avril 1956. L'Algérie est alors soumise au régime des décrets, comme sous la IIIe République !
    Une dernière tentative, aujourd'hui oubliée, fut faite par le gouvernement de Félix Gaillard, qui fit adopter la loi du 5 février 1958 et prendre les décrets du 14 avril, afin d'appliquer en Algérie la solution qui permit grâce à la loi Defferre, de maintenir en Afrique noire, l'influence de la France, mais au prix de l'indépendance.

    Bien que d'inspiration assimilationniste, ces différentes mesures valident en fait une distinction entre deux catégories de citoyens français : ceux qui sont soumis au droit commun, et d'autre part ceux qui conservent leur statut personnel musulman ou de droit coutumier local. Le droit se heurte et se plie à la persistance, en Algérie comme ailleurs, de la conscience de l'opposition et du déséquilibre entre deux communautés. Messali Hadj a revendiqué l'indépendance dès avant la Guerre, Ferhat Abbas publie le Manifeste du peuple algérien, le 10 février 1943. Le rêve assimilationniste se heurte ainsi au développement du nationalisme algérien, que traduisent déjà les manifestations du 8 mai 1945, avant l'insurrection de 1954, et qui demande tout, tout de suite, et d'autre part la crainte de la communauté d'origine européenne d'être noyée dans la masse de la population musulmane. La faiblesse des gouvernements de la IVe République, leur connivence tant avec le lobby colonial qu'avec les secteurs les plus archaïques de la société musulmane engendrent l'immobilisme. Un exemple stupéfiant : l'article 4 du statut octroie le droit de vote aux femmes musulmanes, or non seulement l'assemblée algérienne ne prit aucune mesure pour appliquer cette disposition, mais aucun gouvernement n'eut le courage d'en décider, et les femmes algériennes durent attendre le retour au pouvoir du général de Gaulle et le référendum du 28 septembre 1958 pour voter (et voir l'une d'elles, Nafissa Sid Cara, entrer dans le gouvernement Debré).
    L'affirmation d'une identité nationale stimulée paradoxalement par la colonisation et le déséquilibre démographique devaient ainsi conduire à l'indépendance de l'Algérie. Il appartiendrait au général de Gaulle, le 16 septembre 1959, de reconnaître le droit à l'autodétermination de l'Algérie et de poposer un statut d'État autonome au sein de la Communauté, puis une Algérie algérienne...

Sources : Journal officiel de la République française, 21 septembre 1947, p. 9470 (Il convient de préciser que ce numéro est absent de la collection des JO présentée par Gallica.bnf.fr ; vérifié le 28/2/2021), rectificatif au JO du 14 novembre 1947, p. 11231 (correction de fautes d'orthographe et de ponctuation).



L'Assemblée nationale et le Conseil de la République ont délibéré,
L'Assemblée nationale a adopté,
Le Président de la République promulgue la loi dont la teneur suit :

Titre premier. Du régime politique et de l'organisation des pouvoirs publics.

Article premier.

L'Algérie constitue un groupe de départements doté de la personnalité civile, de l'autonomie financière et d'une organisation particulière définie par les articles ci-après de la présente loi.

Article 2.

L'égalité effective est proclamée entre tous les citoyens français.
Tous les ressortissants de nationalité française des départements d'Algérie jouissent, sans distinction d'origine, de race, de langue, ni de religion, des droits attachés à la qualité de citoyen français et sont soumis aux mêmes obligations. Ils jouissent, notamment, de toutes les libertés démocratiques, de tous les droits politiques, économiques et sociaux attachés à la qualité de citoyen de l'Union française, garantis par le préambule et l'article 81 de la Constitution de la République française. Toutes les fonctions publiques leur sont également accessibles. Dans les armées de terre, de mer ou de l'air, dans la magistrature et dans toutes les administrations, services publics ou concédés, services subventionnés, secteurs nationalisés, les conditions de recrutement, de promotion, d'avancement, de rémunération, d'allocations, de mise à la retraite, de pensions s'appliquent à tous sans distinction de statut personnel.
Des décrets détermineront, dans un délai de six mois à compter de la promulgation de la présente loi, les conditions d'application de l'alinéa précédent, notamment en assurant l'égalité absolue des traitements, allocations ou pensions et la constitution des cadres communs uniques dans les diverses branches des administrations ou services.
Aucune mesure, règle ou loi d'exception ne demeure applicable sur les territoires des départements algériens.

Article 3.

Tous les citoyens qui n'ont pas expressément renoncé à leur statut personnel continuent à être régis par leurs droits et par leurs coutumes en ce qui concerne leur état, leurs successions et ceux de leurs immeubles dont la propriété n'est pas établie conformément aux lois françaises sur le régime foncier en Algérie ou par un titre administratif, notarié ou judiciaire. Sauf accord des parties, leurs contestations continuent à être soumises aux juridictions qui en connaissent actuellement, selon les règles en vigueur.
Quand ils résident en France métropolitaine, ils y jouissent de tous les droits attachés à la qualité de citoyen français et sont soumis aux mêmes obligations.

Article 4.

Les femmes d'origine musulmane jouissent du droit de vote. Une décision de l'assemblée algérienne, prise dans les conditions prévues aux articles 14, 15 et 16 du présent statut, fixera les modalités de l'exercice du droit de vote.

Article 5.

Le gouverneur général représente le gouvernement de la République française dans toute l'étendue de l'Algérie.
Il réside à Alger.
Il exerce le pouvoir réglementaire, sauf les exceptions prévues par le présent statut.
Il assure le maintien des libertés constitutionnelles.
Il préside aux délibérations du conseil de gouvernement et peut assister aux débats de l'assemblée algérienne.
Il est responsable de ses actes devant le gouvernement de la République.

Article 6.

Il est institué une assemblée algérienne chargée de gérer, en accord avec le gouverneur général, les intérêts propres à l'Algérie.
La composition, les attributions et le fonctionnement de cette assemblée sont définis par les titres II, III et IV du présent statut.

Article 7.

Il est institué auprès du gouverneur général un conseil de gouvernement chargé de veiller à l'exécution des décisions de l'assemblée.
Ce conseil est composé de six conseillers du gouvernement :
- deux désignés par le gouverneur général ;
- deux élus annuellement par l'assemblée à raison de un par collège ;
- le président de l'assemblée algérienne ;
- un vice-président appartenant à un collège différent de celui du président.
Les pouvoirs des membres du conseil sont renouvelables.

Titre II. Du régime législatif de l'Algérie

Article 8.

Le régime des décrets, tel qu'il résulte, en matière législative, de l'ordonnance du 22 juillet 1834 et des textes subséquents, est aboli.
Le Gouvernement de la République française assure l'exécution, en Algérie, des lois de la République française qui y sont applicables. Il dispose, à cet effet, des pouvoirs à lui accordés par la Constitution, notamment par l'article 47.

Article 9.

Les lois et décrets intéressant l'exercice et la garantie des libertés constitutionnelles s'appliquent de plein droit en Algérie. Les lois et décrets concernant l'état et la capacité des personnes, les règles du mariage et ses effets sur les personnes et sur les biens, le droit des successions et les règles d'état civil, réserve faite des dispositions fiscales, sont et demeurent applicables de plein droit aux citoyens de statut français en Algérie.

Article 10.

Les lois ou décrets intéressant le droit des services dits rattachés sont applicables de plein droit en Algérie, sauf dispositions contraires et sous réserve des dispositions fiscales.

Article 11.

Les traités passés avec les puissances étrangères s'appliquent de plein droit à l'Algérie, ainsi que les lois ou décrets qui en font application.

Article 12.

L'organisation militaire et le recrutement, le régime électoral, le statut des assemblées locales, l'organisation administrative, l'organisation judiciaire, la procédure civile ou criminelle, la détermination des crimes et délits et celle de leurs peines, le régime foncier et immobilier, le régime douanier, l'amnistie, le contentieux administratif, le régime de la nationalité française ne peuvent être réglés que par la loi.

Article 13.

Le Parlement peut étendre à l'Algérie les lois qui ne sont pas visées aux articles précédents, sur la proposition de l'assemblée algérienne ou après avis de celle-ci, sauf le cas d'urgence.

Article 14.

Les lois nouvelles non visées par les articles 9 à 12 ne s'appliquent pas à l'Algérie.
Dans les matières qui ne sont pas reprises à ces articles, l'assemblée algérienne peut, sur proposition de l'un de ses membres ou du Gouverneur général, prendre des décisions ayant pour objet d'étendre la loi métropolitaine à l'Algérie, soit purement et simplement, soit après adaptation aux conditions locales, ou d'édicter, dans le cadre des lois, une réglementation particulière à l'Algérie.
L'assemblée algérienne peut, dans les mêmes conditions, modifier les décisions visées à l'alinéa précédent.

Article 15.

Les décisions prises par l'assemblée doivent, pour devenir exécutoires, être homologuées par décret. Elles sont, à cet effet, transmises par le président de l'assemblée au Gouvernement par l'intermédiaire du Gouverneur général. Ce dernier peut, dans les huit jours de la réception, demander à l'assemblée de procéder à une seconde lecture du texte adopté.

Article 16.

Si, dans le délai de six semaines, le Gouvernement n'a pas accordé l'homologation prévue à l'article 15 et s'il n'a pas notifié au président de l'assemblée algérienne son refus motivé d'homologuer la décision, celle-ci devient exécutoire de plein droit et est immédiatement promulguée par le Gouverneur général.
En cas de refus d'homologation, la décision de l'assemblée algérienne est déférée au Parlement qui statue.

Titre III. Du statut financier de l'Algérie.

Article 17.

L'Algérie peut posséder des biens, créer des établissements d'intérêt algérien, concéder des chemins de fer, des lignes de transports aériens ou autres, ainsi que tous autres grands travaux publics et services publics, contracter des emprunts, donner sa garantie aux engagements pris par des tiers dans son intérêt.
Le gouverneur général représente l'Algérie dans tous les actes de la vie civile. Tous emprunts, octrois de garantie ou concessions ne peuvent avoir lieu qu'en vertu de décisions de l'assemblée algérienne rendues exécutoires dans les conditions définies aux articles 15 et 16 ci-dessus.
Sont autorisées ou fixées selon la même procédure, par décision de l'assemblée algérienne : la création et la suppression d'établissements publics algériens ou de budgets annexes et les règles relatives à la gestion du domaine de l'Algérie, aux finances départementales et communales, et à la répartition des charges entre l'Algérie et les collectivités algériennes, toutes les fois que les objets correspondants sont, dans la métropole, du ressort de la loi ou du règlement d'administration publique.

Article 18.

Le budget de l'Algérie comprend en recettes : les impôts de toute nature, taxes, redevances, fonds de concours et tous autres produits perçus à quelque titre que ce soit sur le territoire algérien et qui, dans la métropole, bénéficieraient au budget de l'État, à l'exception des produits revenant actuellement au budget métropolitain.
Il comprend en dépenses : l'ensemble des dépenses des services civils qui sont, dans la métropole, à la charge du budget de l'État ; toutefois, les pensions des fonctionnaires et agents locaux ne sont supportées par le budget algérien qu'autant qu'elles ont été liquidées à partir du 1er janvier 1901 et proportionnellement à la durée des services accomplis depuis cette date ;
À titre de participation aux dépenses militaires et de sécurité assumées sur le territoire de l'Algérie par le budget de l'État, une contribution dont le taux est fixé par la loi.

Article 19.

Les dépenses inscrites au budget de l'Algérie se divisent en dépenses obligatoires et en dépenses facultatives.
Constituent des dépenses obligatoires :
1° l'acquittement des dettes exigibles, la couverture des déficits budgétaires et la reconstitution du fonds de réserve dans les conditions fixées à l'article 27 ci-après ;
2° la dotation de la caisse générale des retraites de l'Algérie, telle qu'elle est définie par décret ;
3° la contribution de l'Algérie aux dépenses militaires et de sécurité prévue à l'article précédent ;
4° les traitements et indemnités soumises à retenues des fonctionnaires mis à la disposition du gouverneur général, dans la limite des effectifs budgétaires votés par l'assemblée algérienne pour l'exercice précédent ;
5° les dépenses nécessaires à l'exécution des lois de la République française étendues à l'Algérie.
Aucune autre dépense ne peut être mise à la charge du budget de l'Algérie que par la loi ou par un vote dûment approuvé de l'assemblée algérienne et préalable à tout engagement.
Aucune création d'emploi ne peut être faite en cours d'année s'il n'y a pas de prévision inscrite à cet effet au budget en cours.

Article 20.

Les créations ou suppressions d'impôts, la fixation de leur tarif, les modifications de leur assiette ou de leur mode de perception, l'institution de pénalités en matière fiscale ou domaniale sont votées par l'assemblée algérienne.
Ces décisions de l'assemblée algérienne sont exécutoires selon la procédure des articles 15 et 16 du présent statut.
A moins de disposition contraire insérée dans la décision, la date d'entrée en vigueur des décisions dûment homologuées est fixée par arrêté du gouverneur général.
En ce qui concerne les droits de douane, les dispositions qui précèdent ne visent que le taux des droits applicables aux marchandises dont la nomenclature figure actuellement au tarif spécial de l'Algérie.
A l'exception des redevances correspondant à la rémunération des services rendus, aucun impôt, taxe ou redevance ne peut être établi en Algérie que par la loi ou par une décision de l'assemblée algérienne.

Article 21.

Le projet de budget de l'Algérie est établi par le gouverneur général sous le contrôle des ministres de l'intérieur et des finances.
Il est voté par l'assemblée algérienne.
Il est réglé par décret contresigné par le ministre de l'intérieur et le ministre des finances.

Article 22.

L'évaluation des recettes à attendre du régime fiscal voté par l'assemblée algérienne peut être rectifiée d'office par le décret de règlement en cas d'inexactitude dans les estimations retenues.
Dans le cas d'omission ou d'insuffisance dans l'allocation des fonds exigés pour la couverture des dépenses obligatoires définies par l'article 19 ci-dessus, les crédits nécessaires sont inscrits d'office au décret de règlement.

Article 23.

Lorsque, par suite des rectifications que le gouvernement se propose d'introduire dans le décret de règlement par application des dispositions de l'article précédent, l'équilibre du budget n'est plus assuré, le projet de budget est renvoyé à l'assemblée algérienne immédiatement convoquée en session extraordinaire pour une durée maximum de quinze jours.
Si l'assemblée algérienne n'assure pas, par son vote, l'équilibre réel du budget, un décret en Conseil d'État détermine dans les moindres délais les voies et moyens nécessaires à l'équilibre.
Le projet de décret est soumis pour avis à l'assemblée algérienne.

Article 24.

Si le budget n'est pas voté et homologué lors de l'ouverture d'un exercice, le budget de l'exercice précédent est applicable de plein droit et par douzièmes.

Article 25.

Si les circonstances l'exigent, le budget de l'Algérie peut être modifié en cours d'année dans les formes dans lesquelles il a été voté et réglé.
Les modifications ainsi décidées ne peuvent avoir pour objet que de rectifier les erreurs d'évaluation et de parer aux insuffisances de crédit que des événements postérieurs à l'ouverture de l'exercice ont révélées, ou d'acquitter des dépenses que des circonstances imprévisibles lors du budget primitif ont ultérieurement rendues nécessaires ; sauf nécessité grave, elles ne sauraient comporter l'extension des services existants ou la modification des dépenses de programme du budget extraordinaire.
Tout accroissement du volume des dépenses arrêté au budget primitif doit faire l'objet de l'inscription et de la création effective des recettes suffisantes pour le gager.

Article 26.

Le Trésor algérien est alimenté par les recettes de toute nature recouvrées au profit des services budgétaires et des services hors budget de l'Algérie.
Sont versés en compte courant au Trésor algérien les fonds libres des budgets annexes, des départements, des communes, des établissements publics algériens départementaux ou communaux, les dépôts effectués en compte courant à la succursale d'Alger des chèques postaux, les fonds des organismes d'intérêt général et, d'une manière générale, tous les dépôts de fonds avec ou sans intérêt que les collectivités ou les particuliers sont tenus de faire ou autorisés à faire au Trésor d'après les lois et règlements en vigueur, à l'exception des dépôts effectués en Algérie à la caisse nationale d'épargne ou à la caisse des dépôts et consignations qui sont directement versés au Trésor public métropolitain.
Des arrêtés du ministre des finances fixeront les modalités des règlements périodiques qui interviendront entre le Trésor public et le Trésor algérien, ainsi que les règles d'emploi des fonds disponibles du Trésor algérien en comptes courants, en bons du Trésor, en valeurs de l'État ou de l'Algérie, en prêts à échéances à des collectivités publiques algériennes ou à des entreprises privées pour l'exécution des travaux d'intérêt général ou en participation au capital d'entreprises dont l'activité intéresse l'économie générale de l'Algérie.
Le gouverneur général peut consentir sur les disponibilités de la trésorerie, après accord de l'assemblée algérienne ou de sa commission des finances et du ministre des finances, des avances provisoires avec ou sans intérêt aux départements, communes, offices, établissements publics et d'intérêt public ou régies comptables de l'Algérie.

Article 27.

Les excédents de recettes du budget de l'Algérie constatés en fin d'exercice sont affectés à la constitution d'un fonds de réserve.
Tant que le fonds de réserve n'a pas atteint le vingtième du montant moyen des produits et revenus ordinaires des trois derniers exercices expirés, il ne peut être opéré de prélèvement sur ledit fonds, sauf pour le paiement de dettes exigibles et l'apurement de déficits budgétaires ou, à défaut d'autres ressources, pour faire face à des calamités publiques.
Lorsque, par suite de ces prélèvements, le fonds de réserve est tombé en dessous de la somme indisponible visée au deuxième alinéa du présent article, la reconstitution de ce fonds constitue une charge obligatoire à couvrir au cours des trois exercices subséquents.
Après complet paiement des dettes exigibles et apurement des déficits budgétaires, la partie du fonds de réserve qui excède le minimum indisponible peut être affectée à des travaux d'intérêt général.
Les prélèvements sur les fonds de réserve sont autorisés dans les mêmes formes que les dépenses inscrites au budget.

Article 28.

Le compte administratif de chaque exercice est établi par le gouverneur général et présenté à l'assemblée algérienne, qui statue par voie de déclarations.
Le compte de l'Algérie, provisoirement arrêté par l'assemblée algérienne, est définitivement réglé par décret dans les mêmes formes que le budget.
Le trésorier général de l'Algérie est le comptable de l'Algérie ; il est, en cette qualité, justiciable de la Cour des comptes.
Son compte de gestion est remis à l'assemblée algérienne en même temps que le compte administratif.

Article 29.

Un service de contrôle financier fonctionne auprès du gouverneur général.
Ce contrôle s'exerce par la voie du visa préalable, de la révision permanente de la comptabilité et des rapports d'ensemble périodiques, selon les cas, et d'après les règles qui seront fixées par décret.

Titre IV. De la composition et du fonctionnement de l'Assemblée algérienne.

Article 30.

L'assemblée algérienne se compose de cent vingt membres : soixante représentants des citoyens du premier collège et soixante représentants des citoyens du deuxième collège, élus pour six ans au suffrage universel, au scrutin uninominal à deux tours, et renouvelables par moitié tous les trois ans.
Les circonscriptions sont déterminées par la loi.

Article 31.

Les membres de l'Assemblée algérienne sont élus par deux collèges.
Le premier collège est composé de citoyens de statut civil français, sans distinction d'origine.
Seront également inscrits dans ce collège, à leur demande, dans l'année qui suivra soit la date de leur majorité électorale, soit celle où ils entreront dans une des catégories ci-dessous spécifiées, les citoyens de statut local qui sont :
    Officiers et anciens officiers ;
    Titulaires d'un des diplômes suivants : diplôme de l'enseignement supérieur, baccalauréat de l'enseignement secondaire, brevet supérieur, brevet élémentaire, brevet d'études primaires supérieures, diplôme de fin d'études secondaires, diplôme des médersas, diplôme de sortie d'une grande école nationale ou d'une école nationale de l'enseignement professionnel industriel, agricole ou commercial, brevet de langue arabe et berbère ;
    Fonctionnaires ou agents de l'État, des départements, des communes, des services publics ou concédés, en activité ou en retraite, titulaires d'un emploi permanent soumis à un statut réglementaire dans des conditions qui seront fixées par décret ;
    Membres actuels et anciens de chambres de commerce et d'agriculture ;
    Bachaghas, aghas et caïds ayant exercé leurs fonctions pendant au moins trois ans et n'ayant pas fait postérieurement l'objet d'une mesure de révocation ;
    Personnalités exerçant ou ayant exercé des mandats de délégué financier, conseiller général, conseiller municipal de commune de plein exercice, ou président d'une djemâa ;
    Membres de l'ordre national de la Légion d'honneur ;
    Compagnons de l'ordre de la Libération ;
    Titulaires de la médaille de la résistance ;
    Titulaires de la médaille militaire ;
    Titulaires de la médaille du travail et membres actuels et anciens des conseils syndicaux des syndicats ouvriers régulièrement constitués, après trois ans d'exercice de leurs fonctions ;
    Conseillers prud'hommes actuels et anciens ;
    Oukils judiciaires ;
    Membres élus, actuels et anciens, des conseils d'administration et des conseils de section des sociétés indigènes de prévoyance, artisanales et agricoles ;
    Titulaires de la carte du combattant de la guerre 1914-1918 ;
    Titulaires de la Croix de guerre 1939-1940 pour faits d'armes personnels ;
    Titulaires de la Croix de guerre des campagnes de la libération.
Tous les électeurs actuellement inscrits au premier collège continueront à voter à ce collège.

Article 32.

Tout électeur ou électrice d'Algérie, âgé d'au moins vingt-trois ans, est éligible indifféremment par l'un ou l'autre collège.
Les règles d'inéligibilité et d'incompatibilité sont celles fixées par la loi pour les membres de l'Assemblée nationale.
Le mandat de membre de l'Assemblée est incompatible avec celui de membre du Parlement.
Le Conseil d'État est juge en premier et dernier ressort des contestations relatives aux élections à l'Assemblée algérienne.

Article 33.

Indépendamment du remboursement de leurs frais de transport, les membres de l'Assemblée algérienne perçoivent une indemnité annuelle fixée par délibération de l'Assemblée et payée mensuellement. Cette indemnité est fixée par référence au traitement d'une catégorie de fonctionnaires.

Article 34.

Aucun membre de l'Assemblée algérienne ne peut être poursuivi, recherché, arrêté, détenu ou jugé à l'occasion des opinions ou votes émis par lui dans cette assemblée.

Article 35.

L'Assemblée algérienne siège à Alger.
Elle tient, chaque année, trois sessions ordinaires dont la durée ne peut excéder six semaines.
L'Assemblée est convoquée, et ses sessions sont ouvertes et closes, par arrêté du Gouverneur général.
L'Assemblée peut également tenir des sessions extraordinaires d'une durée de quinze jours au plus, soit sur convocation du Gouverneur général, le Conseil de Gouvernement entendu, soit à la demande de la moitié de ses membres adressée au président. L'objet de la session extraordinaire est limitativement précisé par la convocation.

Article 36.

Chaque année, l'Assemblée algérienne élit son bureau, composé d'un président, de trois vice-présidents et de quatre secrétaires. Ce bureau comportera un nombre égal d'élus de chacun des deux collèges proposés par leurs collègues respectifs. La présidence de l'Assemblée sera attribuée chaque année à un élu d'un collège différent.
L'Assemblée élit également la commission des finances composée de dix-huit membres et des commissions générales dont elle fixe le nombre, qui ne saurait excéder six — non compris la commission des finances — et la compétence, et qui sont chargées de l'examen des diverses questions de la compétence de l'Assemblée.
Ces commissions devront comprendre en nombre égal des élus de chacun des deux collèges proposés leurs collègues respectifs.
Elles éliront au scrutin secret un président et un vice-président. Le vice-président sera un élu d'un collège différent de celui du président.
Il sera observé une alternance annuelle qui permettra aux élus de chaque collège d'obtenir à tour de rôle la présidence au sein des commissions.

Article 37.

Les séances de l'Assemblée algérienne sont publiques.
Néanmoins, sur la demande de dix membres, du président ou du Gouverneur général, l'Assemblée, sans débats, décide si elle se formera en comité secret.
Les comptes rendus in extenso des débats seront publiés au Journal officiel de l'Algérie.

Article 38.

Le Gouverneur général a entrée aux séances de l'Assemblée algérienne et a le droit d'y prendre la parole. Il peut se faire assister ou suppléer par des commissaires du gouvernement.
L'Assemblée a le droit d'obtenir du Gouverneur général tous renseignements sur toutes les questions entrant dans ses attributions.

Article 39.

Les décisions de l'Assemblée sont votées à la majorité. Toutefois, à la demande soit du Gouverneur général, soit de la commission des finances, soit du quart des membres de l'Assemblée, le vote ne peut être acquis qu'après un délai de vingt-quatre heures et à la majorité des deux tiers des membres en exercice, à moins que la majorité ne soit constatée dans chacun des collèges.

Article 40.

L'Assemblée algérienne fixe elle-même, par un règlement intérieur, les modalités de son fonctionnement qui ne sont pas prévues par le présent statut.
Elle règle son ordre du jour.

Article 41.

Conformément à l'alinéa 3 de l'article 6 de la loi 46-2385 du 27 octobre 1946, sur la composition et l'élection de l'assemblée de l'Union française, l'Assemblée algérienne élit les six représentants de la zone territoriale que constitue l'Algérie.

Article 42.

Le Gouverneur général, le Conseil de Gouvernement entendu, peut, par arrêté, convoquer la commission des finances, ou l'une des commissions générales de l'Assemblée algérienne, en dehors des sessions de l'assemblée, pour l'examen préparatoire des travaux appelés à faire l'objet desdites sessions.

Article 43.

Le projet de budget de l'Algérie est délibéré et voté par l'Assemblée algérienne au cours de sa troisième session ordinaire et sur le rapport de sa commission des finances.
L'initiative des dépenses appartient concurremment à l'Assemblée et au Gouverneur général ; toutefois, l'initiative des propositions de dépenses de personnel est réservée à ce dernier.
Aucun amendement ne peut être délibéré par l'Assemblée s'il n'a été préalablement étudié par la commission générale qui a, dans ses
attributions, l'examen de la section correspondante du budget, et s'il n'a été transmis par elle à la commission des finances.

Article 44.

L'initiative en matière fiscale appartient à l'Assemblée algérienne et au Gouverneur général. Les décisions sont prises par l'Assemblée sur le rapport de la commission des finances.
Aucun projet ou amendement ne peut être délibéré par l'Assemblée, s'il n'a été, au préalable, étudié par la commission des finances.

Article 45.

Est nulle de plein droit, toute délibération de l'Assemblée algérienne relative à des objets qui ne sont pas légalement compris dans ses attributions.
Est également nulle de plein droit, toute délibération, quel qu'en soit l'objet, prise en dehors des sessions légales de l'Assemblée.
La nullité est constatée par arrêté du Gouverneur général, le Conseil de Gouvernement entendu.
Les dispositions concernant les délibérations prises hors des réunions des conseils généraux, prévues ou autorisées par la loi, sont applicables à l'Assemblée.

Article 46.

L'Assemblée qui contreviendrait aux dispositions de l'article précédent, ou qui refuserait de voter le budget, pourra être dissoute par décret délibéré en Conseil des ministres.
Dans ce cas, l'Assemblée algérienne sera renouvelée par voie d'élection suivant les dispositions prévues par les lois en vigueur, dans le délai maximum de deux mois suivant sa dissolution.
Une commission spéciale, composée de dix-huit conseillers généraux, à raison de six par département, n'appartenant pas à l'Assemblée dissoute, sera désignée par les conseils généraux d'Algérie, réunis dans les huit jours en session extraordinaire ; cette désignation se fera à raison d'un nombre égal de conseillers généraux du premier et du deuxième collège.
La commission spéciale exerce tous les pouvoirs de l'Assemblée algérienne, à l'exclusion de ceux prévus aux articles 14 et 52 du présent statut ; ses fonctions expireront de plein droit dès que l'Assemblée algérienne sera reconstituée.

Titre V. Pouvoirs administratifs du gouverneur général de l'Algérie.

Article 47.

Tous les services civils de l'Algérie, à l'exception de ceux de la justice et de l'éducation nationale, sont placés sous l'autorité du gouverneur
général.
Toutefois, le recteur de l'académie d'Alger relève de l'autorité du gouverneur général pour tout ce qui concerne l'exécution du plan de scolarisation totale et l'administration des établissements soumis au régime d'enseignement prévu par l'article 3 du décret du 27 novembre 1944, relatif à l'exécution du plan de scolarisation totale de la jeunesse musulmane en Algérie.
Le gouverneur général de l'Algérie est seul compétent pour recevoir communication des pourvois formés devant le Conseil d'État contre les actes des administrations placées sous son autorité. Il est habilité à présenter les observations en réponse auxdites communications.
Le contentieux électoral et le contentieux relatif aux actes du gouverneur général de l'Algérie demeurent soumis aux règles en vigueur.

Article 48.

Le gouverneur général est assisté d'une administration centrale dont l'organisation générale sera déterminée par un règlement d'administration publique pris sur sa proposition, après avis de l'assemblée algérienne.

Article 49.

Le gouverneur général absent ou empêché est suppléé par le secrétaire général.
Ce dernier préside notamment, dans ce cas, aux délibérations du conseil de gouvernement.

Titre VI. Dispositions diverses et transitoires.

Article 50.

Le régime spécial des territoires du Sud est supprimé. Ces territoires sont considérés comme départements.
Une loi prise après avis de l'assemblée algérienne fixera les conditions dans lesquelles ces territoires seront constitués, en tout ou partie, en
départements distincts ou intégrés dans les départements existants ou à créer.
Le décret du 30 décembre 1903 est abrogé. Le budget des territoires du Sud sera intégré dans le budget de l'Algérie à compter du 1er janvier 1948.

Article 51.

Sous réserve des matières énumérées aux articles 9 à 12 de la présente loi, sont déclarés validés, sauf toutefois les décrets qui ont fait
l'objet d'un pourvoi devant le Conseil d'État :
1° les décrets qui sont intervenus entre l'entrée en vigueur de la Constitution et la promulgation du présent statut pour étendre des lois à l'Algérie ;
2° les décrets qui, dans la même période, ont complété, modifié ou abrogé les décrets qui étaient intervenus antérieurement à l'entrée en vigueur de la Constitution, pour rendre applicables des lois à l'Algérie ;
3° les décrets intervenus dans la même période en vertu de l'ordonnance du 22 juillet 1834.

Article 52.

Sous réserve des matières énumérées aux articles 9 à 12 de la présente loi, les décisions votées par l'assemblée algérienne, dans les conditions prévues aux articles 14, 15 et 16 pourront :
1° introduire en Algérie les lois antérieures à l'entrée en vigueur de la Constitution ;
2° introduire en Algérie les lois postérieures à cette entrée en vigueur et dont l'extension aux territoires de l'Algérie a été renvoyée à un décret
d'application ;
3° compléter, modifier ou abroger, nonobstant la validation ci-dessus prévue, les décrets qui, antérieurement à la promulgation de la présente
loi, ont étendu des lois à l'Algérie et les décrets intervenus dans la même période, en vertu de l'ordonnance du 22 juillet 1834 ;
4° compléter ou modifier, pour leur adaptation aux conditions locales, les lois intervenues entre l'entrée en vigueur de la Constitution et la promulgation de la présente loi.

Titre VII. Des collectivités locales.

Article 53.

Les collectivités locales algériennes sont: les communes et les départements ; en conséquence, les communes mixtes sont supprimées.
L'application progressive de cette disposition fera l'objet de décisions de l'assemblée algérienne, rendues exécutoires selon la procédure instituée par les articles 15 et 16 du présent statut.
Les textes actuellement en vigueur continueront de s'appliquer à titre transitoire jusqu'à intervention des mesures prévues à l'alinéa précédent.

Article 54.

Le cadre, l'étendue, le regroupement éventuel et l'organisation des communes et des départements sont fixés par la loi.

Article 55.

Les collectivités locales s'administrent librement par des conseils élus au suffrage universel direct et secret. Ces conseils sont : pour les départements, les conseils généraux ; pour les communes, les conseils municipaux et les djemâa.
L'application progressive de cette disposition fera l'objet de décisions de l'assemblée algérienne, rendues exécutoires selon la procédure instituée aux articles 15 et 16 du présent statut.

Titre VIII. Dispositions annexes.

Article 56.

L'indépendance du culte musulman à l'égard de l'État est assurée au même titre que celle des autres cultes, dans le cadre de la loi du
9 décembre 1905 et du décret du 27 septembre 1907.
L'application de ce principe, notamment en ce qui concerne l'administration des biens habbous, fera l'objet de décisions de l'assemblée algérienne, rendues exécutoires selon la procédure instituée aux articles 15 et 16 du présent statut.
Les grandes fêtes musulmanes : Aïd es Seghir, Aïd el Kebir, Mouloud et Achoura, sont déclarées fêtes légales en Algérie.

Article 57.

La langue arabe constituant une des langues de l'Union française, les mêmes dispositions s'appliquent à la langue française et à la langue arabe en ce qui concerne le régime de la presse et des publications officielles ou privées éditées en Algérie.
L'enseignement de la langue arabe sera organisé en Algérie à tous les degrés.
L'application de cette dernière disposition fera l'objet de décisions de l'assemblée algérienne, rendues exécutoires selon la procédure instituée aux articles 15 et 16 du présent statut.

Article 58.

L'assemblée algérienne devra être élue, au plus tard, le 15 janvier 1948 et se réunir dans les quinze jours qui suivront son élection.
L'assemblée financière, créée par l'ordonnance du 15 septembre 1945, sera dissoute de plein droit le jour de la réunion de l'assemblée algérienne instituée par la présente loi.
Le régime législatif prévu au titre II de la présente loi entrera en vigueur à la même date. Jusqu'à cette date, l'assemblée financière exercera les attributions conférées à l'assemblée algérienne par les articles 14 et 52 de la présente loi, cette assemblée ne pouvant, toutefois, être saisie que par le gouverneur général.

Article 59.

Des décrets portant règlement d'administration publique, pris sur la proposition du gouverneur général et sur le rapport du ministre de
l'intérieur, pourront déterminer les conditions d'application de la présente loi.

Article 60.

La loi du 19 décembre 1900 portant création d'un budget spécial pour l'Algérie et les lois qui l'ont modifiée et complétée, l'ordonnance du 15 septembre 1945 créant une assemblée financière de l'Algérie ainsi que toutes dispositions contraires à la présente loi, sont abrogées sous réserve du régime transitoire établi à l'article 58.

La présente loi sera exécutée comme loi de l'État.

Fait à Paris, le 20 septembre 1947.

Par le Président de la République, Vincent AURIOL.

Le président du conseil des ministres, Paul RAMADIER,
Le ministre d'État, vice-président du conseil, Pierre-Henri TEITGEN,
Le ministre d'État, Félix GOUIN,
Le ministre d'État par intérim, Marcel ROCLORE,
Le ministre d'État, Marcel ROCLORE,
Le garde des sceaux, ministre de la justice, André MARIE,
Le ministre des affaires étrangères, Georges BIDAULT,
Le ministre de l'intérieur, Édouard DEPREUX,
Le ministre de la guerre, Paul COSTE-FLORET,
Le ministre de la marine, Louis JACQUINOT,
Le ministre de l'air, André MAROSELLI,
Le ministre des finances, Robert SCHUMAN,
Le ministre de l'économie nationale, André PHILIP,
Le ministre de l'agriculture, François TANGUY-PRIGENT,
Le ministre de l'industrie et du commerce, Robert LACOSTE,
Le ministre de l'éducation nationale, Marcel-Edmond NAEGELEN,
Le ministre de l'intérieur, ministre des travaux publics et des transports par intérim, Édouard DEPREUX,
Le ministre de la France d'outre-mer, Marius MOUTET,
Le ministre du travail et de la sécurité sociale, Daniel MAYER,
Le ministre de la santé publique et de la population, Robert PRIGENT,
Le ministre de la reconstruction et de l'urbanisme, Jean LETOURNEAU,
Le ministre de la jeunesse, des arts et des lettres, Pierre BOURDAN,
Le ministre de la jeunesse, des arts et des lettres, ministre des anciens combattants et victimes de la guerre par intérim, Pierre BOURDAN,
Le ministre des postes, télégraphes et téléphones, Eugène THOMAS,
Le secrétaire d'État à la présidence du conseil, Paul BÉCHARD.


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Jean-Pierre Maury